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Fugace dispute. pv Altaïr ♥

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Admine et jeweler

MessageSujet: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   15.08.14 19:47

Important à lire :
 

Baignant dans une lueur légèrement rosée, l’unique pièce prenait des allures de maison close. À vraiment s’y méprendre, si on n’y faisait pas attention, on pouvait être certain de se trouver dans l’un de ces endroits. Sauf si on se rappelait que l’on se trouvait à Golden Krone, l’une des plus grandes et plus prestigieuse école de Grande-Bretagne.

Les tables, toutes rondes, tantôt basses et tantôt hautes, étaient réparties sur toute la surface de la salle avec harmonie, les chaises d’aspect Louis IV partageant leur place avec de moelleux sofas aux airs de la vieille Angleterre. La pièce, aménagée de manière à ce que les serveurs et serveuses puissent s’y déplacer sans contrainte, dans un style légèrement rococo, brillait par les teintes douces et chaudes qui l’animaient. Du beige en passant par un rose pâle, la décoration allait dans ce même sens. Arrivé ici, on sentait la tranquillité du lieu nous envahir et déposer ses mains sur nos épaules avec douceur, nous guidant avec assurance vers l’une des tables. Le bruit des tasses que l’on reposait sur leur soucoupe. La cuiller, coincée entre le pouce et l’index, soutenue par le majeur, tintant avec délicatesse sur les bords de porcelaine. Les murmures et les chuchotements des quelques personnes qui étaient là, à cette heure, parlaient boulot, quotidien, études. Des choses comme ça. Les jeunes serveurs déambulaient entre les tables, et tenant haut leurs plateaux d’une main, d’un équilibre parfois bien précaire. Sur les plateaux s’enchevêtraient tasses et théières, cafetières et petites assiettes surmontées de quelques friandises et pâtisseries. Si Altaïr était là, il aurait peut-être eu la main longue sur l’une d’entre elle … Un sourire franc s’afficha sur son visage. Mais avec son caractère, il aurait fait en sorte que ça ne se voit pas. Elin se prit à imaginer la scène : Altaïr se penchant avec précision sur l’un des plateaux posé sur le bar, sa main virevoltant sur les quelques gourmandises qui s’y trouvaient, cherchant bien évidemment laquelle lui conviendrait le mieux … Il laissa s’échapper un rire cristallin, s’attirant au hasard quelques regards.

Si tôt, Elin n’aurait pensé voir du monde au Maid Coffee. Et pourtant. 10h07, le Maid Coffee venait d’ouvrir depuis à peine cinq minutes et déjà une ribambelle d’étudiants et de lycéens arrivaient. Il avait pris l’habitude de venir ici et d’observer devant un thé ce qu’il s’y passait. Il aimait y passer du temps, lorsque ses horaires le lui permettaient. En arrivant ici, à Golden Krone, il s’était attendu à crouler sous le travail. Et pourtant, force était de constater qu’il n’en était rien. Le poste de maître-professeur était plutôt tranquille à la vue des autres postes du corps enseignant. Et avouons-le, ce n’était pas pour lui déplaire.

S’installant à une table non loin du bar, il héla un serveur, lui commandant un café bien serré. Levant les yeux vers la fenêtre, il observa un moment le ciel d’un gris monotone, se demandant quand est-ce que les nuages blancs et le ciel bleu reviendraient.
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   16.08.14 16:49


C’était donc ça. Une salle déjà remplie à cette heure bien matinale. Comment dire, c’était une pièce qui se fondait parfaitement avec le reste de l’établissement. Chacun pouvait bien la décrire comme il le souhaitait, mais cet endroit aspirait à l’entrainement et la convivialité. Comment penser qu’une autre ambiance pouvait y régner ? Comment ? L’acharnement, les pleurs et les casses. Même si c’est un lieu pour l’expertise des professionnels, les erreurs sont humaines, et malheureusement, très fréquentes.  Pourtant, ils sont tous là, à donner du meilleur d’eux même. Ils représentent fièrement l’ensemble de Golden Krone, qu’ils soient élèves, employés et autres.  Un endroit paisible où il fait bon vivre. Un lieu où personne ne pense à rien d’autre que ses propres occupations. C’était donc ça, le maïd coffee, une pièce bien importante, un bon refuge.

La faible lumière traversait les grandes fenêtres. Apaisante et relaxante, l’odeur qui s’y trouvait avait un léger gout de miel. Il inspira. Oui, il prit une grande inspiration avant d’expirer le tout dans un soufflement rauque qui montrait bien sa fatigue de ces jours-ci. Assis au comptoir, il fixait inlassablement les bouteilles rangées le long du mur. Dur dur, de survivre ce matin. Une main soutenait sa tête et l’autre tournait continuellement la cuillère dans sa tasse de café, pour faire fondre le sucre mit au préalable. Les bruits autour de lui ralentissent petit à petit, si bien qu’il finit par complètement les oublier. Perdu dans ses pensées, il se rappela alors qu’il n’a pas fait son lit. Il râla intérieurement avant de se dire qu’Elin l’avait peut-être fait pour lui, qui sait ? Enfin, cela devait être peu probable, car connaissant son ami, lui-même ne devait pas avoir fait le sien. Pourquoi essayer de penser à lui pour des tâches ménagères, où va le monde ? Avait-il au moins éteint la lumière ? Il savait qu’il n’aurait jamais dû sortir avant lui. Altaïr aurait bien voulu se taper la tête contre le mur. Trop d’insouciance dans ce petit garçon. Le jeune homme n’avait pas de cours ce matin, et peut-être aurait-il dû en profiter pour faire la grasse matinée. Mais grasse matinée ne fait pas partit de son vocabulaire. On n’a pas le temps de traîner à faire je ne sais quoi dans la salle de bain ou de déambuler dans les couloirs. Il faut être actif.

Une voix qu’il ne connaissait que trop bien appela un serveur. Un coup d’œil en arrière suffit pour confirmer. Altaïr s’ébouriffa les cheveux comme pour dire qu’il réfléchissait. D’un signe de main il appela le serveur en question et lui dit platement : « Laissez, je vais lui apporter. ». Pourquoi être d’une aussi grande gentillesse ? Surtout avec lui. Incompréhensible. Il se leva donc, la tasse à la main. Il s’arrêta et se planta debout devant lui en faisant la grimace du genre tu veux qu’on s’tape ?! avant de poser la café en laissant s’échapper un « Tient, idiot. ». Il s’assit en face de lui avant de le regarder et de reposer sa tête sur sa main. « Toi, tu es déjà débout, ce n’est pas normal. ». Il lui sourit. Un sourire de gosse. On aura presque dit qu’il y avait des étoiles autour de sa tête, comme dans les mangas. C’est très louche, très suspect, c’est loufoque, mais ça semble naturel.  
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   17.08.14 2:01

Son esprit joua un instant avec le ciel, se prenant à imaginer que le ciel était devenu la terre, et que la terre était le ciel. Les couleurs aussi s'inversèrent. Mais chacun restèrent à leur place. La terre pris possession du haut tandis que le ciel hérita du bas. Mais d'un battement de cil, tout disparu. Les nuages reprirent leurs teintes grisâtres, et le ciel s'effaça sous leurs assauts. Se détournant de la fenêtre, Elin parcourut du regard le bar, avant d'apercevoir un silhouette, svelte, qu'il aurait reconnu entre mille. Il le vit esquisser un geste, puis venir vers lui, portant ce qu'il avait commandé. D'un geste plat, presque machinal, il lui lança un « Tient, idiot. » avant de s'asseoir en face de lui. Un court instant passa, durant lequel son ami pris ses aises.

« Toi, tu es déjà débout, ce n’est pas normal. »

En réponse au sien, Elin lui offrit un grand sourire, ceux que seul lui savait faire, avec son air infiniment gamin. Puis il se mit à l'observer, à le détailler. Il n'avait pas eu le loisir ce matin de faire sa petite inspection de son ami ; et même si généralement il faisait en sorte qu'elle soit discrète, aujourd'hui serait le jour où il n'hésiterait pas à le lorgner. Il passa d'abord au crible sa chemise blanche, parfaitement repassée, sans un pli. Les manches lui enserraient avec légèreté les poignées, ce qui pour autant ne semblait pas le déranger dans ses mouvements, ce que ne comprenait pas le jeune homme - forcément lorsque toutes ses chemises sont ouvertes et complètement déboutonnées, c'est une chose que l'on ne peut pas comprendre. Et même si tout ce blanc contrastait de beaucoup avec la couleur noire des cheveux, il n'était pas en reste pour dire qu'elle lui rajoutait une certaine classe. En passant à son veston, dont il remarqua que l'un des boutons n'était pas fait, il remonta jusqu'à son visage, sa bouche, ses fossettes, son nez aquilin, ses yeux ambrés, son front, ses cheveux ... À être si proche tous les deux, il en oubliait parfois de le voir tel qu'il était, devant lui. Il observa, sans la moindre once de moquerie, ce visage qu'il avait pris l'habitude de regarder dans les moindres détails. Il se fichait bien de savoir si cela énervait son ami. Il lui semblait bien lui avoir demander une fois mais il avait dû se contenter d'une petite gueulante.

« Merci ! Et je ne suis pas un idiot, imbécile. Tu sais, rares sont les choses que je fais et qui te paraissent normales, Altaïr. »

Il avança la tasse que le maître hôtelier lui avait apporté et respira son arôme corsé. Il était sûr que pour lui, être réveillé à 10h du matin relevait de l'extraordinaire, encore plus qu'il était levé et habillé. Parce que contrairement à son ami, lui avait l'habitude - bonne ou mauvaise, il en était à ses élèves d'en juger - de faire la grasse matinée ... une bonne grosse partie de ce que l'on appelle le matin. Il porta à ses lèvres la tasse, soufflant dessus, ses yeux toujours fixés devant-lui. Le café lui brûla la gorge, lui arrachant une grimace et le convainquant enfin qu'il lui faudrait attendre un peu avant de le boire.

« T'es bizarre toi aussi ce matin, t'es pas du genre à oublier de boutonner le dernier bouton de ta veste. »

Joignant le geste à la parole, il pointa du doigt ledit bouton rebelle. Imaginant à la perfection la réaction du susnommé, Elin prit les devants, se pencha en s'affalant à moitié sur la table et d'une main quasi experte reboutonna le bouton. Il savait parfaitement que c'était ce genre de situation qui énervait le plus Altaïr. Son naturel froid et calme était mit à bien rude épreuve avec lui ...
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   17.08.14 3:17


La tête est lourde. Pourquoi est-elle si lourde ? Ses cheveux lisses et sombres tombent dans ses yeux. Son œil droit est alors caché, et seul le gauche parvint à regarder dès lors son ami. Il semble mélancolique. Pas très bien. Pourquoi semble-t-il si affaibli aujourd’hui ? Son sourire s’efface pour laisser place à son visage impassible. Son regard qui était si narquois, c’était éteint et ne faisait qu’observer derrière un brouillard épais, le visage d’Elin. Que faisait-il, à cet instant ? Il décryptait ses contours avec cette mine déplaisante, celle qu’il avait à chaque fois qu’ils se disaient bonjour le matin.  C’était mal de le regarder de cette manière. Elin a toujours été un étrange garçon non ? C’est ce que pensait Altaïr. Mais Elin est un pilier pour ma survie… je crois. N’en était-il pas sûr ? Qu’est-ce qui pourrait bien le faire douter ? C’est un ami qui l’aura aidé dans de mauvaises passes, alors bien sûr, qu’il est important. Alors pourquoi Altaïr est-il si sombre ces derniers temps ? Arrête de me regarder toi. Cette expression, il ne devrait pas l’avoir. Cela donne toujours envie à Altaïr de le frapper. Il grince des dents, ça part mal. « Merci ! Et je ne suis pas un idiot, imbécile. Tu sais, rares sont les choses que je fais et qui te paraissent normales, Altaïr. ». Il n’avait pas tort. Rares étaient les actions de son ami qu’il ne reprenait pas ou qu’il ne rabaissait pas. Et pourtant, le caractère d’Elin faisait que cela ne semblait pas le déranger. Ou, tout du moins, il ne le montrait pas ? Mais si cela le gênait, il n’en rajoutera pas à chaque fois, afin d’énerver de plus en plus Altaïr. C’était son raisonnement, le raisonnement le plus correct. Pourquoi veux-tu que je m’énerve contre toi ? Cela t’amuses, ou es-tu simplement idiot ?

Elin est loin d’être un débile profond, et Altaïr en avait conscience. Son ami, il ne le connaissait que trop bien. Il savait très bien, que, derrière ce petit jeu, il cherche à faire quelque chose. La question est, quoi ? Quel est le but de cette mascarade qui dure depuis des années ? Cela explosera sûrement un jour, et quelle en sera la conséquence ? Peut-être qu’on fond de lui, Altaïr avait peur que leur relation change, alors il continuait indéfiniment d’agir de la même façon avec lui. Il grimace. Il ne sait pas trop ce qu’il ne va pas aujourd’hui, mais il se sent mal. Quelque chose le gêne. Il continu pourtant de regarder Elin boire son café. Il continu d’observer. Cette manie déplaisante de le scruter avec ses yeux grisés. Il devrait aller en enfer pour ça. Il s’arrêta enfin, au plus grand soulagement du jeune homme. Peut-être qu’à ce moment-là, Elin pencha légèrement la tête sur le côté, mais… « T'es bizarre toi aussi ce matin, t'es pas du genre à oublier de boutonner le dernier bouton de ta veste. » Altaïr ne bougea pas. Non. Pas du tout. Parce qu’il savait ce que son ami s’apprêtait à faire. Là, maintenant, tout de suite, il aurait voulu l’empêcher de faire ça, mais, il est fort probable qu’à ce moment, il l’aurait frappé. Il était là, avachit, une main appuyée sur la table. Sa chemise ébène, quelque peu ouverte, tombait et laissait entrevoir une partie de son torse. D’une main, il rattacha le bouton négligemment oublié par Altaïr et commença à se rassoir. Si ce dernier n’était pas un expert dans le savoir-faire de gérer ses émotions,  il aurait : frapper à mort son ami, insulté, enfermé. Mais par-dessus tout, il aurait probablement rougit.  Je vais le tuer, je vais le tuer, je vais le tuer.

Il reporta son regard vers le sien. Et balança lentement sa tête dans son autre main. Un léger rictus se dessina sur son visage alors que ses yeux s’assombrirent de plus en plus. Une veine commençait à enfler dangereusement sur son front, mais dorénavant, il était impossible de ne pas entrer dans son petit jeu.  « Et toi, tu es plutôt du genre suicidaire, non ? ». Il s’était levé et s’était mis dans la même position qu’Elin, attrapant au passage son bras qui venait de remettre le bouton en place. Ses cheveux tombaient toujours dans ses yeux. Cela lui donnait à la fois un air charmeur et mystérieux, derrière ce visage déconfit de colère et de vengeance. Pourtant, ce mal qu’il sentait depuis son levé provenait de son épaule. Son épaule où une vieille cicatrice résidait. Il avait mal, mais ne  bougeait pas. Il se mordit la lèvre et fronça seulement les sourcils, avant de lever un regard emplit de reproches envers son camarade.

Penses-tu vraiment, que ces idioties soient utiles, Elin ?
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   17.08.14 23:18

Elin suivit avec attention les changements qui s'opérèrent sur le visage de son meilleur ami. Comme en l’attente de quelque chose - qui ne tarda pas à venir, nous en conviendrons -, il s'installa confortablement sur sa chaise, cherchant la meilleure des positions possible. Et s’il avait pu creuser un petit trou, ou plutôt s'il avait pu y faire son nid, eh bien il l'aurait fait volontiers. Il se cala, bien conscient de ce que ses gestes avaient réveillés. On se demande toujours, lorsque l'on regarde la télé, si dans les séries les réactions des gens ne sont pas exagérées. Exagérées ? C'est qu'ils n'ont pas comme meilleur ami un gars complètement coincé et froid comme la nuit et qui en plus, histoire de ne pas arranger les choses, travaille comme maître hôtelier. Donc autant vous dire que lorsqu'on l'énerve, eh bien il fait parfois bon de ne pas traîner dans les parages ... Les traits d'Altaïr se durcirent. Elin savait parfaitement que ce qu'il venait de faire ne faisait qu'attiser un feu qui depuis longtemps déjà grondait. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Sa nature n'était pas aussi sournoise au point de laisser son ami se faire ridiculiser pour un simple oubli de bouton. Son ami comprendrait, bien évidemment. Mais de là à lui avouer qu'il le remerciait ? Il ne fallait pas lui en demander autant.

Son visage se ferma. Elin n'avait jamais réussis à le faire ployer. Enfin si. Mais ces fois-là ne se comptaient que sur les doigts d'une seule main. Pas plus. Comme le début d'un lent et éternel mouvement, il changea d’appui, utilisant son autre main pour soutenir sa tête. Tête qui sembla au suédois lourde, infiniment lourde. La manière qu'il avait eue de la déplacer lui donna cette impression. Mais il n'eut bientôt plus le loisir de se concentrer sur ça, puisque lui-même devint rapidement objet à observer. Lorsque le maître hôtelier leva enfin son regard vers le sien, il fut bien obligé de constater qu'il n'était pas des plus attendrissant. Un coin de sa bouche remonta, comme tiré par un fil invisible. Le dernier signe avant-coureur fut son front qui se plissa, créant vallons et vallées légèrement précoces. « Et toi, tu es plutôt du genre suicidaire, non ? » Puis il bougea. Il lui prit le bras, le serra de sa main. Et alors qu'il s'attendit à un déluge de paroles acerbes ou, à la limite, extrême, que son bras fut plaqué contre la table, il se stoppa. Elin leva les yeux vers son unique ami. Et ce qu'il vit, gravé sur son visage, lui remémora de bien tristes souvenirs, réminiscences d'un temps qu'il aurait aimé oublier.

Altaïr, qui lui faisait face, avait suspendu son geste. Son visage et son expression avait changé du tout au tout en quelques secondes à peine. Il lui avait déjà vu, cet air. Une expression de douleur. Même si pour lui la douleur ne se résumait qu'à une simple cicatrice. En le voyant froncer des sourcils, se pincer la lèvre, et lui jeter un regard empli de ressentiments, Elin ne put retenir un soupir.

« Et c'est qui l'idiot de nous deux ? »

Se moquant éperdument des quelques regards interloqués que leurs lançaient les gens environnants, mais tenant un minimum à rassurer, il lança un « c'est bon. » alentour. Et reporta son attention sur l'éclopé de service. Il lui fit lâcher son bras avec un peu de mal tout de même - l'autre l'avait bien serré ... - et le reposa sur la table. Contrairement à ce que l'on pouvait penser en le voyant manipuler ainsi son ami, Elin ne savait jamais trop quoi faire dans ces moments-là. Il savait que la fierté d'Altaïr était mise à mal, toujours, et ne savait jamais comment faire pour faire diminuer ce sentiment-là chez lui. Alors il se contentait de le soulager, le faisant bouger, l'aidant, sans un mot. C'était dans ces instants-là que sa nature calme et mature faisait le mieux son boulot. Tout passait par les gestes. Les mouvements. Les regards et les clins d’œil. Rien n'était échangé.

Seulement, il ne put s'empêcher. Buvant son café d'une traite, il prit la liberté d'en commander un autre plus un petit supplément gourmand pour son compagnon, qu'il gratifiant d'un éloquent clin d’œil. Il regarda le serveur partir, observa le petit sourire qui venait de naître sur son visage.

« Faudrait vraiment que tu penses à faire quelque chose à ce propos-là, tu sais ? » Il désigna du menton son épaule là où était sa cicatrice. « J'sais bien que c'est pas pour t'enchanter mais bon. Si tu pouvais m'éviter la crise d'évanouissement un jour, ça serait pas plus mal. »

Il prit son autre bras et plaça sa main sur son bras à lui, celui de gauche, celui qui lui avait fait l'affront de lui effleurer le corps. Ce que je cherche, c'est quelque chose que tu ne veux pas voir. Quelque chose qui, je me demande bien, quand t’atteindras.

« Je suis pas suicidaire, j’ai pas encore rouillé mon ressort. »
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   18.08.14 0:48


Le temps c’était figé. Tout se déroulait lentement, comme si les heures avaient remplacé les minutes. Pourtant, autour d’eux, le maître de l’univers se déroulait normalement, laissant de marbre les visages étonnés tournés vers les deux amis. Seuls dans leur bulle, ils donnaient l’impression, encore une fois, de pagayer à contre-courant. Ça n’allait pas. Ils faisaient du surplace. Un jour ça marchait, l’autre non. Un jour ils riaient, l’autre ils gueulaient. Ça n’allait pas. Leur relation amicale avait-elle besoin d’évoluer au moins ? Il fallait partir de là avant de se poser d’autres questions. De très bons amis avaient-ils la possibilité d’être de très très bons amis ? Ou alors, voulait-il que leur relation diverge, en changeant leur caractère ? Moins de gueulantes et plus de complicité ? Ou encore, imposer plus de distance entre eux ? Que voulait-il donc, qu’espérait-il ? Qu’attendait-il de la part d’Elin, à se lever comme ça, sachant pertinemment qu’il en subirait les conséquences ? Pourquoi à son tour, joua-t-il l’idiot lui aussi ? Il avait mal. Son épaule, son cœur. Tout le faisait souffrir. C’était un de ces mauvais jours. Ces jours où le passé rattrape bien vite le présent. Son cœur lui faisait mal. Il se durcit. Il se ferme. Pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi hier ? Pourquoi demain ? Tant de questions qui restaient pour le moment sans réponses. Et pourtant, Altaïr était là, le visage encore tordu de douleur, face à Elin soupirant, encore. Toujours. Je suis… un crétin.

Sa main tenait fermement le bras d’Elin. Il donnait l’air d’être paralysé, ailleurs, mais en un sens, il ne voulait pas le lâcher, ce bras. Il aurait voulu le tenir encore un peu plus longtemps. Il aurait voulu lui dire d’attendre, de rester comme ça un peu plus encore. Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas, car il était perdu. De nouveau. « Et c'est qui l'idiot de nous deux ? ». Elin lui reposa son bras lentement sur la table. Il se faisait manipulé. Il voulait lui dire d’arrêter, enfin, il aimerait le pouvoir. Les mots lui manquaient. Altaïr avait cette fâcheuse manie. Cette manie de ne rien dire. De ne pas parler dans les moments comme ceux-ci. Comme ceux-là. Des péripéties qui malheureusement, arrivaient plutôt fréquemment ces derniers temps, sans pour autant avoir un rapport avec son histoire. Il était assis. Assis devant Elin, le regardant à peine, lui qui s’affairait autour de lui. Peut-être commanda-t-il un autre café, peut-être pas. Il n’aura sur le dire avec précision. Il regardait dans le vide. Le vide qui se créait encore et toujours plus devant ses yeux. Le néant. Oui, la couleur sombre du néant voilait de plus en plus sa vue. Pourquoi ta lumière ne m’atteint plus, Elin ?

Il cligna des yeux en entendant la réplique d’Elin, et revint plus ou moins à la réalité. Fâcheuse manie. Il devrait arrêter de partir dans un univers parallèle lorsqu’il semble si perdu. « Faudrait vraiment que tu penses à faire quelque chose à ce propos-là, tu sais ? ». Il faudrait ? C’est vraiment ce à quoi tu penses ? Il baissa la tête et ses cheveux tombèrent devant ses yeux. « J'sais bien que c'est pas pour t'enchanter mais bon. Si tu pouvais m'éviter la crise d'évanouissement un jour, ça serait pas plus mal. ». Il n’avait pas tort. Pour une fois. Mais, Altaïr n’était sûrement pas d’humeur à écouter des conseils, même les bienvenus et plus censés. Il marmonna un « A quoi bon ? » caché derrière ses cheveux. Il ne voulait pas lui faire face. En quelque sorte, il avait honte de son impuissance. Il avait honte d’être si faible. Mais, étrangement, cela lui fit chaud au cœur. Oui, c’est cela. Son cœur venait de se réchauffer. Une douleur était partie, mais une autre restait. Cette autre ressemblait à un doute, une incertitude. Un mal pour chaque cœur. L’un s’efface, l’autre persiste. Et celui-là, il persiste depuis trop longtemps maintenant. Où allons-nous, Elin ? Quel chemin allons-nous emprunter ?

Elin prit son bras pour le moment valide, et le posa sur celui qui avait rattaché le bouton de sa veste. Oui sa veste. Altaïr la regarda. Il la regarda longuement, avant de se demander pourquoi Elin avait posé son bras, sur le sien. Il oublia bien vite cette inquiétude, bien que... « Je suis pas suicidaire, j’ai pas encore rouillé mon ressort. ». Ce gars, il est vraiment pas normal. Il laissa s’échapper un petit rire tout en soupirant. Il passa son bras douloureux dans sa crinière, et l’y laissa, posant également son coude sur la table, étant ainsi, à moitié plié sur celle-ci. L’un dans ses cheveux, l’autre sur le bras d’Elin, il osa le regarder pour la première fois dans les yeux depuis le début de l’incident, profitant de cette occasion pour faire sortir un mot qu’il ne lui avait jamais dit dans une situation  de ce genre :

« Merci. »


ALTAÏR SUNE MARY

« Un jour, il fut adolescent. »


Dernière édition par Altaïr S. Mary le 18.08.14 11:56, édité 1 fois
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   18.08.14 3:43

Sur le coup, il aurait bien aimé avoir un appareil photo sous la main. Où un quelconque appareil susceptible de prendre des photos. Ou bien une vidéo. Parce que là, franchement, on battait tous les records. Ces moments de faiblesse, Altaïr ne laissait personne les voir. Par personne, il entendait cependant son meilleur ami. Chose étrange me diriez-vous. Ce personne qui signifiait le vide était portant bien lui, Elin. Il l'avait remarqué depuis un moment déjà, quelques années à peine après la mort de Lina. Ce rien, c'était sa présence. Et nulle autre chose, nul autre être.

Altaïr avait toujours cette tête. Fermée. Inaccessible. Il fit la moue. Il était toujours impossible dans ce genre de situation. Il ne savait que se braquer, se recroqueviller, oublier. Disparaître. Derrière cette façade. Derrière ce visage d'une blancheur presque anormale. La douleur lui dictait-elle sa conduite avec lui ? Peut-être. Et alors ? Qu'en avait-il à faire, de sa douleur ? Elle n'était pas sienne. Elle n'était pas lui. Encore et encore, il observa ce visage torturé, pâle. Caché par des cheveux bien rangés, bien coiffés - évidemment à l'inverse total des siens. Une torpeur l'envahit lentement, prenant possession de ses doigts d'abord, puis de ses bras, de sa tête. Sa nuque se raidit elle-aussi, comme bientôt le reste de son corps. Mais cet état ne dura pas. Un rire, léger, presque cristallin, le brisa. Elin clignant des yeux. Une fois, deux fois. Étrange. Il regarda devant-lui, et croisa le sourire de son ami d'autrefois. Il le vit déployer son autre bras, le passer dans ses cheveux avec une légère nonchalance - ce qui pour lui n'était guère normal et qui par la même occasion n'augurait rien de bon - et le laisser sur sa tête. Altaïr se pencha un peu en avant, bascula son coude de manière à ce que celui-ci l'appuie totalement. Et il resta comme ça. Vu de l'extérieur, la situation devait être pour le moins cocasse. Un gars affalé sur une table, les bras partant dans deux directions opposées et un autre étrangement retenu par l'un d'entre eux. Surtout lorsque l'on savait qu'il s'agissait de deux des professeurs-maîtres de l'école. Il devait bien y avoir quelques étudiants dans le café, non ?

« Merci. »

La salle s'effaça, les étudiants, imaginaires ou non - mais cette fois-ci, sûr, ils le devinrent. Seul résonna le mot qu'il venait de prononcer. Non ; de proférer. Dans son souvenir, le première fois qu'il l'avait remercié, c'était lorsqu'il avait fait tombé un plateau avec deux trois trucs dessus et qu'Elin le lui avait ramassé et remit en main. Événement insignifiant, mais maintenant qu'il venait d'en chuchoter les deux uniques syllabes, Elin s'en rappela. Il en comprit l'importance. Ce coup-ci, ce fut à lui de sourire. Pas un sourire idiot. Pas le sourire qu'il sortait à tout le monde, professeurs compris. Pas non plus le sourire de tout à l'heure. Non. Un vrai sourire, comme celui que ferait l'enfant en découvrant l'immensité du ciel, de ces étoiles. Aussi grand et ouvert que ferait l'enfant apprenant que les points brillants qu'il voyait, au loin, n'existaient peut-être plus à l'heure où il les regardait. Ce même sourire qu'ils s'étaient échangés pour la première fois dans la petite infirmerie d'Östavall.

Retour dans la réalité. Le serveur qu'il avait hélé quelques instants plus tôt revenait, portant sur son plateau - penchant vaguement du côté qui allait tomber ... - son deuxième café de la matinée et pour Altaïr - qu'il avait bien entendu reconnu, cela alla sans dire - une pâtisserie dont lui-seul devait en savoir le contenu. Tout en le remerciant, Elin planta négligemment la cuiller dedans, il poussa le gâteau vers l'avachi, lui signifiant qu'il le lui offrait. Ce petit imprévu lui permis de se remettre doucement de ses émotions. Oui, il n'en revenait toujours pas. Il ne se gêna pas pour le lui signifier.

« Comment veux-tu qu’on ait une once de conversation tous les deux si à chaque fois tu me sors trois – allez, je suis gentil – quatre pauvres mots ? Dans le genre désespéré, t’atteins de ces sommets, c’est effarant. »

Elin se passa la main dans les cheveux, les ébouriffant au passage. Bientôt, ils ne furent plus que chevaux indomptés, s’agitant au rythme de ses doigts farfouillant son cuir chevelu. Si pour toute autre personne ces paroles n'en disaient pas plus, pour son ami il était certain que celui-ci comprendrait. Tout dans ses mouvements montraient son désarroi, sa difficulté à gérer la situation avec un minimum de tact et de sang-froid. Pourtant, il avait décidé son geste. Sa main libre effleura les cheveux noirs du maître-hôtelier, avant de les ébouriffer, doucement. Altaïr ne l'exaspérait pas. Mais parfois, il n'en était clairement pas loin. Puis, piquant comme si de rien n'était une part de sa pâtisserie, Elin regarda Altaïr qui n'avait pas bougé depuis. Sa main était toujours ancrée à son bras gauche, comme preuve de leur amitié parfois boiteuse mais de tout temps affermie et assurée.


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MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   18.08.14 16:15


Il lui avait dit merci. C’était étrange, cette sensation. Une drôle de sensation. A l’intérieur, ça bouillait, encore et encore. Ca remuait et tournait sans cesse, donnant cette impression de malaise et de maladresse. Ce genre de poids au ventre qui donne envie de vomir, tellement cela en devient gênant. Il n’aimait pas cette chose. Enfin, cette nouvelle chose. C’était la première fois que des crampes venaient le déranger. Qu’est-ce qui ne vas pas aujourd’hui ? J’en ai marre. Je veux… qu’est-ce je peux bien vouloir ? Peut-être, n’aurait-il pas dû dire merci. Peut-être, aurait-il dû simplement l’envoyer bouler et retourner dans sa chambre pour se reposer. Cette possibilité est toujours faisable, mais, serait-ce vraiment bien après ça ? Quitte à se morfondre quelque part, autant qu’il le fasse ici, avec Elin pour l’énerver et le charrier. En fait, c’est moi l’abruti, c’est moi qui aime toutes ces conneries. Ca façon à lui de répondre, était de l’insulter et de l’engueuler. Pas vraiment normal. Mais, c’était la relation qu’ils avaient tissé au fil du temps, non ? Un ami. Comment sait-on si nous sommes amis avec quelqu’un ? Est-ce écrit quelque part, une lettre nous est-elle envoyée ? Un homme en rencontre un autre. S’ils s’entendent, c’est bien, mais cela dépend de l’alchimie. Une personne peut, ne pas s’entendre avec une autre. Alors, dans ce cas, sont-ils des amis, ou bien des ennemis ?

Est-ce un sourire ? Souriait-il ? Pourquoi ? Qu’y avait-il d’amusant ? Il ne devrait pas sourire comme cela. Mais, étrangement, ce n’était pas une mine moqueuse. Que fait-il ? Pourquoi me montre-t-il cette tête maintenant ? Pourquoi  a-t-il  attendu si longtemps avant de me refaire cette tête-là ? Au lieu, au lieu de me faire son sourire narquois et insultant qu’il arbore si facilement ?! Cette bouche qu’Altaïr connaissait bien lui aussi – il ne faut pas croire qu’il n’observe pas son ami également, était le centre de ce visage joyeux. Il était tellement simple, ce visage. Pur et, en quelques sortes, idyllique. Gravé à jamais au plus profond de sa mémoire, c’était cela qu’il aimait le plus chez Elin, son côté enfantin. Pourtant, au cours de sa vie, ce fut toujours ce dernier qui prit soin de lui, et rares étaient les fois où les rôles furent échangés. Il était fragile. Oui. C’était le meilleur mot pour décrire Altaïr. Émotionnellement, il était très fragile. Est-ce qu’Elin s’en était rendu compte ? C’est fort possible. Mais c’est bien quelque chose qu’ils ne se diront sûrement jamais. Ainsi, il voulait, en son for intérieur, attraper ce sourire et ne jamais l’abandonner.  

Vint alors un serveur, armé d’un café et d’une quelconque pâtisserie qu’il avait l’habitude de demander. C’était aimable de sa part. Ou peut-être qu’Elin y était pour quelque chose. Avec lui, on n’est jamais sûr de rien. Cette  belle part de friandise était agréable à regarder. Une pointe de vert dans l’assiette, alors qu’au milieu résidait la spécialité de la maison. Il est interdit de dévoiler son nom, alors rien de plus ne sera rajouté. Il était attiré par ça. Il voulait noyer sa tristesse dans la nourriture. Non non, Altaïr n’était pas triste, il était juste désemparé. Mais pourquoi est-il autant affligé par lui-même, pourquoi était-il dans un tel désarroi ? That is the question.

« Comment veux-tu qu’on ait une once de conversation tous les deux si à chaque fois tu me sors trois – allez, je suis gentil – quatre pauvres mots ? Dans le genre désespéré, t’atteins de ces sommets, c’est effarant. ». C’est quoi cette remarque, là ? Si tu tiens tant à avoir une conversation avec moi, dis des trucs intelligents au moins ! Comment peux-tu sortir des trucs aussi irréfléchis parfois… ?! Altaïr ne le mettait pas dans une très bonne position, mais de là, à en avoir conscience, c’était tout autre chose. Il passa sa main dans ses cheveux puis dans les miens, avant de voler un morceau de sa pâtisserie. Il n’était pas d’humeur à l’engueuler de tous les côtés, car, ce qui attirait plus l’attention d’Altaïr sur le moment, était cet autre acte dérangeant. Délicatement, il rapprocha sa main et caressa sa tête. C’est quoi ça, bordel ? T’as vraiment envie que je te frappe ou bien ? Altaïr réagit, pas au quart de tour mais presque, retira sa main posée au préalable sur sa tête et attrapa doucement le poignet d’Elin. Il plissa les yeux. Lentement. Je suis désolé d’être un poids, désolé de ne pas parler assez, désolé pour tout. Mais, je ne m’excuserai jamais d’exister. La raison me semble, pour la première fois, évidente. Il tenait fermement son bras, et le serrait, peut-être de plus en plus. Quel est son problème ? Simplement, son esprit et son cœur ce sont perdus, et il serait temps qu’ils retrouvent leur chemin.

« Naël, il pencha légèrement la tête sur le côté, es-tu mon ami ? »

Cette question, il l’avait posé avec un ton étrange, inhabituel, autant pour l’un que pour l’autre. On aurait presque dit, le mélange d’un timbre mielleux et agressif. C’était, plus que très perturbant.

Toutefois… tu ne devrais vraiment pas toucher mes cheveux comme ça, les gens pourraient réellement se poser des questions.


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MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   19.08.14 16:15

En lui ébouriffant ainsi les cheveux, Elin n'avait pas trop réfléchi. Enfin si. Fugacement. Il avait expédié avec rapidité sa pensée et avait accompli son geste sans arrières pensées, qu’importe ce que son ami pouvait bien en dire. Ils étaient amis, et ce depuis longtemps. Depuis la nuit de temps oui ! fut la pensée du jardinier. Cette réponse, Elin ne sut avec exactitude s’il s'y était attendu. Soit il savait, de manière inconsciente, que son ami allait réagir comme ça, soit il avait ignoré cette possibilité. Impossible de le dire. Mais une chose était sûre : il ne s'était pas attendu à ce que les cheveux de son ami soit si plaisant à toucher. Il étouffa un rire, tout en continuant d'ébouriffer son ami. Les cheveux d’Altaïr avaient exactement la même teinte que les siens, c’est-à-dire un noir d’encre. Il ne put s’empêcher d’attraper une mèche entre ses doigts, l’enroulant et la déroulant plusieurs fois. Mais il ne put continuer son manège bien longtemps parce que, évidement, son ami n’était pas du même avis que lui. Et si lui était plutôt du genre tactile, c’était tout l’inverse d’Altaïr. Même si depuis quelques temps – et plus particulièrement depuis son arrivée ici à Golden Krone – il avait tendance à se décoincer un peu … Peut-être que ce changement avait commencé à s’opérer parce qu’ils occupaient la même suite, tous les deux. Faut dire que vivre avec lui … c’est quelque chose. Entre ses habitudes de lève-tôt, ses manières quelque peu excessives – à mon avis, et qui n’est certainement pas du sien – de politesse et ses engueulades, c’pas simple pour moi. Mais à savoir entre dormir avec un camion au démarrage – charmante façon de définir un ronfleur – et lui, mon choix est vite fait. Néanmoins, malgré toutes ces pensées agréables, il ne vit pas venir la suite.

La réponse d'Altaïr ne se fit pas prier. Avant même que lui-même puisse réagir, son ami lui retira sa main de ses cheveux. Il enferma son poignet dans sa main, lui arrachant au passage un coup d’œil étonné. Depuis quand Altaïr était-il le premier à aller au contact ? Aujourd’hui. Mais comme tout à l’heure, il s’arrêta là, n’alla pas plus loin. Maintenant, c’était ses deux bras qui étaient prisonniers des fines mains du maître d’hôtel. À peu de choses près, on aurait pu dire qu’ils faisaient un concours de bras de fer, cherchant à savoir lequel des deux gagnerait cette joute silencieuse. Sauf qu’ici tout se passait par la force de leurs mains, pas par celle de leurs bras. Et son ami fit cette mimique, lui semblant plisser ses yeux. Elin haussa un sourcil. Qu’est-ce qui lui prenait ? Lui qui d’ordinaire affichait un visage peu expressif, qui faisait frissonner grands comme petits, élèves comme adultes, qui effrayait. Il voulait savoir. Et il venait de piquer sa curiosité. Si Altaïr avait pu lire dans ses pensées, il aurait dû se douter de ce qu’il se passerait après ça. Elin n’était pas le seul à ses poser des questions, parce que apparemment, c’était aussi le cas de l’autre : au vu de comment il lui serrait le bras – et de plus en plus fort, force était de l’avouer.

« Naël, es-tu mon ami ? »

Cette fois-ci, ce ne fut pas un sourcil, mais les deux que se haussèrent. Son regard et ses yeux passèrent de l’étonnement à l’effarement. Dans un mouvement de recul, qu’il ne put arrêter, Elin chercha à se démêler de l’emprise qu’avait Altaïr sur son poignet. Il se débattu à peine quelques secondes avant d’arrêter. Il secoua la tête, complètement perdu. Des mèches noires vinrent chatouiller son nez et ses joues mais il n’y réagit pas. Il ne souffla pas dessus, les laissant faire disparaître ses yeux gris derrière ce sombre rideau, comme lorsque tombe le rideau à la fin d’une pièce de théâtre, les applaudissements et les sifflements en moins. De l’effarement à la curiosité. Le ton qu’il avait employé avait des échos d’une animosité qu’il ne comprenait pas. Que cherchait-il à accomplir ? Voulait-il l’effrayer, l’intimider ? Pour ça, il devait avouer qu’il avait réussi. À moitié, s’entendit-il dire intérieurement. Oui, pas complètement. De la curiosité à l’indifférence. Lorsqu’il releva les yeux, ceux-ci brillaient d’un éclat … fade. Inexpressifs. Es-tu idiot à ce point ?

« Au risque de te décevoir, je vais te répondre. Peut-être pas de la manière que tu aimerais que je fasse mais ça, je m’en contrefous totalement. Et pour une fois, crois-moi, je n’en pense pas moins. »

Gueuler, c’était pas son truc habituellement. Mais là, l’autre l’avait sérieusement échauffé. Peut-être était-il con, peut-être la douleur l’avait fait perdre toute raison, il s’en foutait. D’un geste vif et sec, il libéra son bras gauche et força le bras douloureux d’Altaïr, ne lésinant pas sur sa force. Il le plaqua sur la table dans un grand bruit. Les regards se tournèrent vers eux, quelque peu inquiets. Il n’était pas du genre à s’énerver facilement. Mais ses rares excès de colère leur avaient plusieurs fois valu quelques semaines sans s’échanger de paroles.

« Je ne sais absolument pas ce qu’il t’ai passé par la tête, mais laisse-moi te le dire une bonne fois pour toute. Oui. Nous sommes amis. En doutes-tu ? Alors, pourquoi m’avoir suivi jusqu’ici ? Pourquoi avoir jeté ton dévolu sur le poste de maître-hôtelier sachant quel était mon poste dans l’école ? Je me trompe ? Qu’importe. Que signifierait ces vingt années que nous avons passés ensemble ? Ce coup de poing que je t’ai donné la première fois qu’on s’est parlé ? Ces paroles lorsque l’on s’est donné nos prénoms pour la première fois ? L’accident, la mort de Lina, ta cicatrice ? Bon sang ! Ta douleur ?! » Elin su qu’il touchait une corde sensible qu’il n’aurait pas dû. L’accident était devenu un sujet sensible. Non tabou – mais sensible. « Alors ne me parle plus jamais, plus jamais tu entends ?! sur ce ton ! » Ébranlé, Elin siffla, fit claquer sa langue. « Tss ! » Tout son être criait qu’il était allé trop loin. Une fois la crise passée, il lâcha le bras d’Altaïr, conscient de son emportement légèrement excessif. Mais son cadet devait comprendre.

Ne me reparle plus jamais avec cet air sur ton visage. Épargne-moi ce ton condescendant à l’avenir – et à jamais. Ne remets plus jamais en cause notre amitié. Même si elle t’effraies, même si elle t’étonnes, même si tu te demandes comment elle peut durer depuis tout ce temps. Ne le fait plus jamais. S’il te plaît.


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MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   19.08.14 17:58


Une amitié, c’est quelque chose de précieux. Il faut chérir ce lien à tout instant. Il ne faut jamais le laisser filer entre ses doigts. Car, qui sait s’il sera seulement possible de le récupérer, qu’il soit encore intact. Un lien comme ça, c’est précieux. Le perdre serait trop douloureux. Il faut le chérir et en prendre soin. Un véritable ami, ça ne court pas les rues. Il ne faut pas jouer avec ce genre de sentiment, il ne faut pas faire l’ahuri. Le bêta qui fait semblant de ne rien comprendre et qui nie tout, de long en large.  Comment est donc représentée une véritable amitié ?  Ça ne s’explique pas vraiment, on pourrait plutôt dire que, ça se sent.  Les gestes, les paroles, ou encore les pensées, tout est lié jusqu’à un certain point. Ce point, cette barre, cette limite, est fixée plus ou moins haute selon les personnes. L’échelle grandit au fur et à mesure du temps. Les personnes concernées, grandissent elles aussi. Dès lors, une relation inexplicable naît. Depuis quand déjà ? Suis-je capable d’oublier cela ? Parfois, il arrive des choses trop importantes, qui peuvent briser cette solide amitié. Des choses trop grosses pour être soutenues seulement par un ami. Mais Elin, ce n’est pas n’importe quel ami. C’est mon ami. Il est mon frère, ma joie, ma douleur. Il est ce que je n’ai pas. Il est ce que je ne suis pas. Et ça, c’est irremplaçable, je le sais bien. Alors pourquoi fais-je tout pour rendre notre monde instable, fragile ? Parfois, il arrive que cela se brise, d’un coup, sans que l’on comprenne pourquoi.

Il fut un temps où je n’étais qu’un gosse imbouffable et mauvais. Ces jours-là, dans mon univers, tout était noir et sombre. J’étais seul. Les souffrances et tracas que je portais alors dans cœur faisaient de moi un être bien solitaire. Peut-être qu’il aurait été bon que personne ne me tende de main.Peut-être. Mais une main m’a attrapé, alors que je tombais de plus en plus, au fond d’un trou. Ce trou vide et infini que je revois, encore et encore. Cette main, elle était tellement lumineuse, si bien, que l’on pouvait entrevoir le fond de l’abysse grâce à elle. Il est vrai que c’était comme ça qu’Altaïr l’avait ressenti. Une sorte de renaissance peut-être. Il goûta alors pour la première fois à l’amitié. Mais, ne regrettes-tu pas cette décision, maintenant, Elin ? Il ne savait pas. Qu’est-ce qu’il pensait en face ? Pensait-il la même chose de lui ? Avait-il envie de rester à jamais ainsi, l’ami d’un autre ? Pourquoi seulement le mot « amis » résonnait alors dans la tête d’Altaïr ? Tu sais, j’ai toujours voulu te dire tout ça, toujours. Mais c’pas facile. Tu le sais. Pour moi, cela voudrait dire que tu as gagné ce combat que nous menons depuis trop longtemps, dorénavant.  

Oui, son regard était de nouveau froid. Cependant, il voulait dire qu’il était perdu. C’était la signification de cela. Serrer son poignet et sortir une lourdeur. Altaïr était bien conscient que ça n’allait toujours pas. Il savait qu’il venait de faire déborder le vase, ce vase déjà trop rempli. « Au risque de te décevoir, je vais te répondre. Peut-être pas de la manière que tu aimerais que je fasse mais ça, je m’en contrefous totalement. Et pour une fois, crois-moi, je n’en pense pas moins. ». Ses yeux s’écarquillèrent. Peut-être par pur étonnement, ou simplement par pure satisfaction. En effet, il voulait cela. Il voulait qu’il s’énerve. Pourquoi ? Car là était leur seul moyen de communication. La seule possibilité qu’ils disent enfin, en partie, ce qu’ils pensent vraiment. Sous un excès de colère, les mots sortent plus facilement. On ne pense pas au poids que peuvent avoir les mots dans ce genre de situation. On ne pense pas vraiment aux répercussions de ses dires. Elin voulait être honnête, et bien qu’il le soit. Je ne vais pas te dire de te taire. Mais alors, je ne me tairai pas non plus, gamin. Une grimace. Son bras était plaqué sur la table, ce n’était désormais plus lui qui était en position de force. Les rôles, s’inversent, c’est donc cela. « Je ne sais absolument pas ce qu’il t’ai passé par la tête, mais laisse-moi te le dire une bonne fois pour toute. Oui. Nous sommes amis. En doutes-tu ? Alors, pourquoi m’avoir suivi jusqu’ici ? Pourquoi avoir jeté ton dévolu sur le poste de maître-hôtelier sachant quel était mon poste dans l’école ? Je me trompe ? Qu’importe. Que signifierait ces vingt années que nous avons passés ensemble ? Ce coup de poing que je t’ai donné la première fois qu’on s’est parlé ? Ces paroles lorsque l’on s’est donné nos prénoms pour la première fois ? L’accident, la mort de Lina, ta cicatrice ? Bon sang ! Ta douleur ?! ». Un rictus mauvais. Ce sourire ressemblait vraiment à une moquerie, il ne semblait pas vouloir exprimer quelque chose de bon. C’est ce que tu penses, hein. « Alors ne me parle plus jamais, plus jamais tu entends ?! sur ce ton ! ». Tu es fragile toi aussi, n’est-ce pas ? Dis-moi, que ferions-nous, si l’un de nous advenait à mourir ? « Tss ! ». Ils étaient là, au milieu d’une salle remplie de monde. Les gens observaient en coin, de peur de se faire surprendre à épier. Peut-être avaient-ils entendu quelques échos de leur conversation. Qui sait. Un rire méchant. Un rire moqueur. Altaïr leva ses yeux vers Elin. Epris de colère. Ils brillaient tel qu’ils ne l’avaient jamais fait. D’un geste absurde mais vif, il se dégagea de l’emprise qu’Elin avait sur son bras. Il riait, jusqu’à ce que cela ne deviennent plus qu’un souffle. «  Amis ? Oui j’en doute ! Mais qu’est-ce qui peut bien me faire douter ? Hum, je ne sais pas, peut-être aurais-je l’envie de te faire partager mon point de vue un autre jour tient.  Tu ne vois que par le passé, il faut aller de l’avant maintenant, merde ! Qu’est-ce que ça peut bien faire que j’tais suivis ici ?! Ma douleur ?! Qu’est-ce que tu sais de ma douleur ? Absolument rien, d’après ce que j’entends ! ». Altaïr croisa ses mains devant sa bouche, et attendit quelques instants, reprenant sa respiration et laissant un silence s’installer. Il n’aurait pu dire quelle était la réaction d’Elin à ce moment, non, il ne l’aurait pu. Triple andouille. « Ma douleur, elle est partie le jour où je t’ai rencontré. ».  Altaïr ne savait pas trop s’il aurait dû rester sur l’engueulade. Il savait juste que pour une fois, il avait dit ce qu’il pensait, et ce, dans les moindres paroles qu’il est dit. Et plus encore, il ne voulait pas faire la tête à son ami aujourd’hui. Pas aujourd’hui, ni demain. J’ai enfin réussis à faire parler mon cœur, bien que cela soit infime. A toi de faire le reste, iiiidiot. « Et je ne changerai pas de ton si tu n’es pas plus franc avec moi. Je veux tout savoir sur tes ressentis, tes sentiments, sur toi. En contrepartie… j’essaierai de faire de même. ». C’bien parce que c’toi hein. Il fit une moue étrange et détourna la tête, tout en se grattant la joue, légèrement bougon.

« Je te fait subir tout ça… désolé. »


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MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   20.08.14 0:02

Les dés sont jetés. Les dés roulent, roulent, depuis la nuit des temps, sans s'arrêter. Parfois, ils ralentissent et une embûche les fait tituber mais rien encore ne les a fait se stopper pour de bon. Une pente et ils prennent de la vitesse. Une montée et ils ralentissent. Le plat, et ils continuent. Rien de plus. Rien de moins. Le décor avait changé. Du tout au tout. Ils avaient beau être toujours dans le maid café, c'était pourtant comme si ils n'y avaient jamais posés les pieds, pas même le moindre orteil. Les tables rondes étaient toujours là, les chaises et les sofas aussi. Les couleurs des murs avaient toujours le même aspect. Les serveurs continuaient avec assiduité leurs errances d'une table à l'autre. Les clients, assis pour certains, debout pour d'autres, étaient occupés à souffler sur leurs cafés, à siroter leurs thés, à déguster leurs alcools - peu présents à la vue de l'heure matinale -, à découper et savourer avec parcimonie leurs gourmandises. Et tout le paradoxe était bien là. Cet environnement avait beau être chaleureux et accueillant au premier regard, il en était différemment au second. Car au-delà des apparences se cache la vérité. Pour quelques-uns, peu désireux de s'impliquer ou d'être impliqués, la conversation ne faisait ni chaud ni froid. Les plus éloignés ne l'entendaient pas. Quant aux plus proches ... Eh bien, cela n'était pas la même chose pour eux. Autour d'Elin et d'Altaïr, l'air semblait palpable. La nervosité de l'un et l'offense de l'autre était soit à portée de vue, soit à la portée de l'oreille. Qui des deux détenait le rôle clé ? Qui donnait, qui subissait ? Ces deux verbes, transformés en actes et en paroles, jonglaient de l'un à l'autre, créant sous leurs passages répétés blessures et atteintes silencieuses, invisibles. Invisibles seulement pour leur entourage. Mais d'une netteté accablante pour les deux hommes.

Plus les secondes s’égrenaient, et plus Elin se sentait défaillir. Il ne savait pas, ne savait plus qu'elle était sa place ici, à cet instant précis. Si l'on avait été dans un manga, des dizaines de points d'interrogations seraient subitement apparus au-dessus de sa tête, montrant son incompréhension de la situation. Plus les paroles qu'il avait proféré lui revenaient en mémoire, plus il sentait le fil qui glissait d'entre ses mains, ressentait presque la sensation de brûlure dans ses paumes. Paumes qu'il leva devant ses yeux, qu'il examina, perdu. Puis soudain, ce fut le rire de son ami qui le tira de sa rêverie. Un rire qu'il lui avait rarement entendu, plus habitué à voir s'inscrire sur ses lèvres sarcasmes et autres. Décidément, il me dévoile bien des choses aujourd'hui ... Leurs yeux se rencontrèrent. Un éclat, mauvais, s'était accroché à ses pupilles ambrés. Un éclat qui ne signifiait rien de bon pour le suédois, fut-il forcé de le constater. Il ne savait pas si, comme il l'avait pensé juste avant, il avait dépassé les bornes ou pas avec lui. Donne-m'en la réponse, s'il te plaît ... Oui, sur le coup, il s'était énervé. Et qu'importe ce qu'il se reprochait sur le moment, Elin savait qu'il n'avait pas eu tort. Mais alors, pourquoi toutes ses questions ? Ne devrais-je pas être sûr de moi ? Bientôt, le rire ne devint plus qu'un souffle, laissant ainsi la place aux paroles tant attendues mais pourtant tant redoutées. « Amis ? Oui j’en doute ! Mais qu’est-ce qui peut bien me faire douter ? Hum, je ne sais pas, peut-être aurais-je l’envie de te faire partager mon point de vue un autre jour tient. Tu ne vois que par le passé, il faut aller de l’avant maintenant, merde ! Qu’est-ce que ça peut bien faire que j’tais suivis ici ?! Ma douleur ?! Qu’est-ce que tu sais de ma douleur ? Absolument rien, d’après ce que j’entends ! » Et c'est toi que me dis ça ?! Une ride se creusa sur le front d'Elin, intimement touché par ces quelques propos. « Tu ne vois que par le passé, il faut aller de l’avant maintenant » Il tiqua, peut désireux de montrer le ressentiment qu'il sentait naître en lui après ces paroles. Même si le doute continuait de l'assaillir, les mots d'Altaïr résonnèrent dans sa tête, réveillant lentement la flamme qu'il avait crû avoir brûlé un peu plus tôt. « Ma douleur, elle est partie le jour où je t’ai rencontré. » À noter dans la partie aveux de son petit carnet. Le jeune homme grava cette phrase dans sa mémoire, sûr de pouvoir l'a ressortir à son ami un jour qu'il serait de meilleure humeur - plus sombre et plus grognon en quelque sorte, comme la plupart des autres jours. « Et je ne changerai pas de ton si tu n’es pas plus franc avec moi. Je veux tout savoir sur tes ressentis, tes sentiments, sur toi. En contrepartie… j’essaierai de faire de même. » Si cela avait été possible anatomiquement parlant, on aurait pu voir la mâchoire inférieure d'Elin se décrocher, littéralement. C’était donc ça ? C’était ça que son ami désirait, plus que tout ? Connaître ses sentiments sur … Sur quelque chose que le jeune homme n’arrivait pas à mettre de mot dessus. En attendant, son ami semblait en avoir fini, puis qu'il détourna le regard après avoir changé d'air sur son visage. Toutefois, il n'avait pas encore véritablement fini puisqu'il rajouta sept petits mots, histoire d'enfoncer le clou une bonne fois pour toutes.

« Je te fait subir tout ça… désolé. »

Ce coup-ci, Elin se retint de pousser un soupir non à pas vous fendre l'âme, mais plutôt à vous fendre son ami devant lui. Qu'en savait-il de lui faire subir quelque chose ? Si toujours était-il question qu'il subisse quoi que ce soit. Et voilà que l'autre reprenait son air de tous les jours, celui renfrogné, inatteignable. En apparence seulement.

« Qu'est-ce que tu pourrais bien me faire subir hein ? Si tu parles de ta consternante humeur journalière, tu n'as pas t'en faire. Ça fait quelques deux décennies que je l'a vois, et j'ai appris à la connaître, comme tu pourras certainement le remarquer ... »

Au final, la petite flamme s'était éteinte - pour aujourd'hui. Mais qu'est-ce qui pouvait lui assurer que demain, dans trois ou cinq jours, que dans une semaine, tout ne recommencerait pas ? Rien. Rien ne pouvait le lui assurer. Tout pouvait recommencer ; la même scène, les mêmes protagonistes, les mêmes paroles. Seul le lieu changerait. Un curieux sentiment d'urgence le tiraillait. Comme si aujourd'hui était pour eux deux l'unique et dernière chance qu'ils avaient de mettre les points sur les i. Là, ce n'était pas une question de sentiment, mais plutôt de ressentiment. Il ressentait cette urgence plutôt qu'il ne l'endurait. Levant son regard gris-bleu sur Altaïr, il se demanda si lui aussi l'a ressentait. Il ne me le dira jamais. Il n'osera jamais me l'avouer. Sincèrement, ils s'étaient fourrés dans une sacrée situation, tous les deux. Et la manière de s'en sortir ne s'en tenait qu'à eux et eux seuls. Dans cette position, il n'y avait que deux cartes de sorties, aussi radicales l'une comme l'autre. Elin avait l'impression de se trouver à une table de poker, n'ayant en main plus que deux cartes : l'une d'elle entraînant fatalement sa défaite. Et il ne savait pas laquelle des deux était-ce.

« Tu sais que c'est jouer avec le feu, ce que tu fais là ? Tu veux tout savoir, et ça ne te ressemble pas. Explique-moi seulement qu'est-ce que ça t'apporterai de tout savoir sur moi ? Ma vie, mon oeuvre, tu as déjà ce bouquin entre tes mains. À quoi cela te servirait-il d'en avoir le deuxième tome pourtant inutile ? Tu as toutes les cartes en main. » Il murmura ses derniers mots, espérant vaguement qu'il ne les entendraient pas. « À l'inverse de moi ... »


à trop défendre, on finit par être attaqué.

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MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   20.08.14 16:18


Les sentiments d’Altaïr, c’est un vrai bordel. Si l’on regardait la chambre d’un ado, ça serait à peu près, ce à quoi, cela pourrait ressembler.  Il y aura des tas de chaussettes par terre, et dans un coin, un vieux pantalon, qui moisit-là depuis bien deux semaines. Au milieu, sur la moquette, il y aurait, entre autre, un reste de chaussures, vieilles et usées par le temps. Le pouvoir du temps est extraordinaire. Dans le meilleur et le pire des cas. Le temps peut détruire. Le temps peut nouer. Le temps est un terme imprécis et vaste. Le temps est une arme massive, il faut juste déterminer si cela est pour faire la guerre, ou bien pour faire la paix. Après bien sûr, les seuls maîtres de ce temps, ce sont eux. Le jeu commence, il est temps. Temps de démarrer la partie, ou bien de la terminer ? Est-ce la première phrase d’un livre, ou alors l’ultime citation d’un recueil ? La réponse est : il est temps de commencer, non ? Mais, en quoi consiste-t-il, ce jeu où il ne faut que parier et prier ? Quelles sont les mises et les prix ? Que gagne-t-on en cas de victoire ? Qu’est-ce que ça nous apporte ? Un jeu si subtil demande réflexion et agilité. Pourtant, tous deux semblent se prendre tout à fait, à cette nouvelle activité qui s’offre à eux. Un amusement, ça peut divertir oui. Mais là, ce n’est pas un simple jeu de pacotille. C’est plutôt, un mélange de flirt inconsidéré et de coups d’œil intéressés. C’était ce jeu-là qui allait définitivement débuter. Pourquoi seulement maintenant ? Pourquoi pas un autre jour, ou bien avant-hier ? Etait-ce enfin, le début de la fin ? Mais la fin de quoi ?  Cet épisode marquant, qui se déroule en ce moment-même, peut la définir : la fin d’une longue amitié. Qu’est-ce qui va commencer, alors ? Je me le demande.  

Si les sentiments d’Altaïr ressemblent à un gros bazar, alors comment les décrire plus facilement ? On pourrait dire, outre le fait qu’il soit complètement perdu dans une situation telle que celle-ci, qu’il est également indécis et suspicieux. Il réfléchit. Se demande pourquoi Elin agit-il ainsi avec lui. Il se demande si un ami peut seulement, être sympathique à ce point. Il se demande si un frère pour être gentil à ce point. Toujours à se poser une énormité de questions, il est resté le même qu’il a toujours été. Il n’arrive pas à vivre au jour le jour, sans à penser aux répercussions de ses dires et aux moindres détails l’environnant. Il n’arrive pas à se vider la tête et profiter de ce moment présent. Mais il est comme ça, on ne le refera pas, n’est-ce pas ? Altaïr est froid, impassible, compliqué et complètement con lorsqu’il s’agit d’un truc sortant de l’ordinaire, sortant de sa petite bulle préalablement fabriquée. Il sait pourtant très bien se sortir de ces situations imprévues, alors pourquoi pas là ? Pourquoi il bug comme ça, alors qu’il lui suffirait de mettre un terme à cette discussion, pour le moins, aguichante à nos yeux. Mais il continu de parler, ce qui va totalement à l’encontre de son habitude, ce qui détruit ce mythe de M. Mary.

Il avait parlé. Il était dans sa lancée. Un de ses jours lunatiques sûrement. Ce n’est plus très étonnant maintenant. Il avait encore sorti une de ses lourdeurs, bien tournées à sa façon. Des petites phrases qui prennent au vif Elin et qu’elles ne laissent pas indifférent. C’était ces petites choses-là, qui allaient à présent faire partie intégrante de leur jeu, de leur nouveau jeu. « Qu'est-ce que tu pourrais bien me faire subir hein ? Si tu parles de ta consternante humeur journalière, tu n'as pas t'en faire. Ça fait quelques deux décennies que je l'a vois, et j'ai appris à la connaître, comme tu pourras certainement le remarquer ... » Ah, déjà vingt années ? Ça fait longtemps. J’en serais presque nostalgique, mais malheureusement, je n’ai rien à regretter au passé. Je pense que maintenant, je suis serein et prêt à jouer à chat. Reste à savoir si tu l’es aussi, Nathanaël. Elin pensait donc qu’il avait un caractère consternant ? Que pouvait-on dire de lui alors ! Quoi qu’il en soit, rien de plus ne pouvait être dit aujourd’hui. Rien de plus ne pouvait être avoué à ce moment. Rien de plus, car il ne savait pas ce qu’il pourrait lui dire. Rien n’est sûr. Ce n’est qu’un petit point qui brille au loin. Pour savoir ce qu’il y brille, il faut d’abord s’amuser un peu, il faut jouer. Le départ est déjà lancé. Il faut être prêt. Il ne faut pas se laisser doubler et distancer. Si l’un prend de l’avance, la partie sera terminée. Cela voudrait seulement dire que la braise de l’autre s’éteint peu à peu. Si cette impression d’avoir reçu un sceau d’eau dans la tronche se fait sentir, alors cela veut dire que la mauvaise carte a été jouée. Cela signe l’échec. La partie serait terminée. Game Over.

Le regard ambre plongé dans un regard grisé. Un œil en croisa un autre, alors que leurs cheveux passaient légèrement devant eux. Le silence. Un silence troublant. Un silence pourtant inévitable. Ils ne se connaissaient que trop bien. Oui, trop bien. L’un savait ce que pensait l’autre. Et l’autre savait pertinemment ce que l’un ferait ensuite. On pourrait peut-être même affirmer que l’un complète l’autre, mais il n’est pas dit qu’ils soient de cet avis. Cependant, ils jouaient. Ils commençaient leur jeu. C’était nouveau, mais ça lui plaisait. Altaïr ne savait pas où ça les mènerait, mais, en un sens, il semblait bien heureux. « Tu sais que c'est jouer avec le feu, ce que tu fais là ? Tu veux tout savoir, et ça ne te ressemble pas. Explique-moi seulement qu'est-ce que ça t'apporterai de tout savoir sur moi ? Ma vie, mon oeuvre, tu as déjà ce bouquin entre tes mains. À quoi cela te servirait-il d'en avoir le deuxième tome pourtant inutile ? Tu as toutes les cartes en main. ». Oui c’est vrai. J’ai cette œuvre entre mes mains. Je l’ai depuis bien longtemps. Mais, il me semble qu’il me manque quelque chose, et je ne sais pas quoi, Elin. Alors, jouons. C’est dans un murmure qu’il entendit quelques mots épatant venant d’Elin. Des pensées qu’il n’aurait pas vraiment imaginées, venant de son ami. « À l'inverse de moi ... ». Alors, comme ça, tu as cette impression de ne pas me connaître ? Alors tu comprends totalement ce que je ressens, sans le savoir. Je suis aussi perdu que toi, imbécile.

L’un perdu, l’autre pommé. Le fait de se connaître de cette façon, ne les arrangeaient pas. Ils ne faisaient semblant de ne pas se comprendre l’un l’autre, pourtant, ça semble évident. Mais qu’ils s’amusent, qu’ils fassent semblant un moment, soit. Bientôt. Bientôt, tout sera écrit, et nier n’y changera rien.

« Alors écrivons notre épilogue ensemble, Elin. »

The game is begun.


ALTAÏR SUNE MARY

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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: Fugace dispute. pv Altaïr ♥   20.08.14 22:22

Carnet silencieux, carnet blanc. Carnet solitaire, sans compagnon avec qui passer le temps, avec qui échanger. Oui, ce petit carnet, oublié, perdu, assiste à la ronde du temps depuis bien longtemps maintenant. Il observe les secondes s’écouler, les minutes s’égrener, les heures défiler, les jours passer, les semaines, les mois, les années … Depuis si longtemps … Le poids du temps pèse sur lui. Ses feuilles ne sont plus blanches, elles ont cédé et jaunies, comme l’humain rougit et cède face à un autre humain. Tout ce temps, il l’a passé seul, incompris. Oublié des autres. Il a disparu de leur mémoire. Alors, au moment où il pense à sa fin, la fin de sa longue vie, survient l’improbable, arrive l’impossible.

Ainsi est donné le départ de ce jeu si sensationnel. Personne n’en sait rien, et pourtant tout le monde le devine inconsciemment. Tout d’abord, le plateau. Ce plateau est spacieux, possède ce dont tout joueur peut espérer rêver. Il est parfait. Le cadre est idéal, parsemé d’embûches. Certaines sont évidentes, d’autres sont bien plus floues. Mais n’est-ce pas là le but intime du plateau ? Faire jouer, créer des situations inconfortables et des pièges étranges. Faire se déplacer par la beauté des lieux ou par leurs mystérieux recoins. Et enfin, faire se rencontrer les joueurs entre eux, créer des liens et des relations, uniques. Après avoir mis en place le plateau et avoir installé l’environnement le plus propice au jeu, on apporte les pions. Ces petites piécettes qui parfois sont les joueurs, ou le souvent des personnages indépendants, mais qui prenne bien part aux réjouissances en créant eux-aussi. Au même titre que le plateau, ils créent un contexte, y ajoutent une condition, et leur tour est joué. Alors, ils laissent les joueurs s’y emmêler, s’y dépêtrer et trouver la solution. Ils aident en quelque sorte les joueurs, les amenant à des révélations sur eux-mêmes et sur leur situation. Et voilà, nous y arrivons. Maintenant que les pions sont disposés un peu partout sur le plateau, les joueurs peuvent arriver. Et peuvent découvrir les règles du jeu. C’est un jeu de stratégie, d’adresse, qui demande de la réflexion. Et de cette réflexion, les deux joueurs en auront bien besoin. Car plus que s’affronter pendant un temps peut-être bien infini, ils ne vont faire que s’observer, se regarder à la dérobée pour l’un et ouvertement pour l’autre, se parler, émettre des sous-entendus. Tout cela avec subtilité.

« Alors écrivons notre épilogue ensemble, Elin. »

Le jeu venait de débuter. À ce moment précis, avec cette phrase, ces quelques mots anodins. Elin n’en savait rien. Ou plutôt, il n’arrivait pas à le comprendre. Encore cette fichue histoire de passé et d’avenir. Son rythme cardiaque se calma peu à peu, se remettant doucement de ses écarts et reprenant sa régularité, qu’il avait quitté depuis un bon moment. Depuis qu’Altaïr s’était montré en fait. Ses traits se déridèrent, heureux de retrouver leur calme apparent. Ses yeux se firent plus doux, brillèrent un peu moins. Ses nerfs se détendirent. Tout son corps se détendit. Il s’affaissa un peu plus sur sa chaise, leva la tête vers le haut, vers le plafond. Il inspira un grand coup puis expira tout aussi bruyamment. Il laissa un bras sur la table, l’autre tenant son café qui depuis lors s’était refroidit. Un coup d’œil vers son ami lui informa que lui aussi s’était certainement calmé. Disons qu’il était difficile de ne pas l’être après la phrase qu’il venait de dire ; l’un comme pour l’autre. Elle avait eu l’effet d’un calmant. Et enfin, Elin retrouva son air de bon rieur, calme au quotidien.

« Épilogue veut dire la fin d’une histoire. C’pas la fin. On ne fait que débuter le prologue, celui d’une autre histoire … »

Il laissa planer la fin de phrase volontairement, cherchant une bonne tirade à sortir. Une qui tirerait un sourire franc à Altaïr. Elin sourit. Il venait de trouver.

« … Sune. »


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