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▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin

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Admine et jeweler

MessageSujet: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   23.08.14 17:14



La lumière lunaire traverse. Elle traverse l’univers. Elle trompe la nuit. Elle feinte nos yeux. L’effet nocturne disparaît. De nouveau, elle prend place et laisse tout le monde coi. Une lune pleine, brille intensément dans ce ciel d’encre. Les premières étoiles apparaissent enfin. Elles semblent si faibles face à l’imposant rayon de l’astre de nuit. L’été est là, mais il nous distance. Et c’est alors que l’automne arrive et le remplace si rapidement, sans que l’on puisse l’arrêter. La saison chaude commence à dériver, elle s’en va lentement. Les perles du ciel d’été, laisseront place à celles d’hiver sous peu, et alors, l’atmosphère changera complètement. Il y a une vitre, là. Cette vitre sert de mur, en quelque sorte. Elle est ce qu’il empêche les gens de tomber sur le sol, plusieurs mètres plus bas. Un mur invisible. Le seul rempart qui évite la chute. Et pourtant, il laisse agréablement passer cette douce lumière. Rayon froid mais apaisant. Rayon traversant l’opacité. Rayon baignant ce chemin sinueux bordé de plantes. La lune est un astre magnifique. Et gracieusement, elle accompagne le voyageur, le guidant à travers les parois brumeuses. Sur le sol se reflète son ombre. Un revêtement sobre, fait de carrelage ébène, assombrit ce tunnel pourtant illuminé par tant de clarté. Un pas, puis un autre. Ce son, à la fois silencieux et stressant, résonne dans ce passage vidé de toute présence. Une main effleure une feuille, alors que l’autre tient une veste noire. Cette ombre avance, encore  et encore, vers un but incertain.  Elle est là, elle observe attentivement la lune, dont la lumière bleuté vint se poser dans son regard.

Altaïr est là. Il déambule lentement dans ce couloir de verre. Sa chemise est déboutonnée et sa cravate, dénouée, pend atour de son coup. Sa veste, il la tient. Il veut regagner sa chambre et commencer à se reposer après cette journée bien chargée. Qu’avait-il fait déjà aujourd’hui ? Hum, oui. Levé tôt pour prendre en charge une classe, après avoir, bien sûr, tenté désespérément de lever Elin. Comment peut-il être aussi fainéant celui-là ? Il soupira. Lassé par cette lassitude dont son ami détenait le record.  Peut-être devrai-je passer à la buanderie pour récupérer mes vêtements. Le matin même, Altaïr avait déposé une veste et un pantalon. Cela serait plus pratique d’y aller maintenant que d’y aller demain matin. Qu’avait-il donc fait d’autre de sa journée, mis à part faire de la lingerie ? Un cours, soit. Mais ce cours finissait à 13 heures, or, il est 22 heures 36. Il avait soi-disant eu une après-midi mouvementée pour sembler si épuisé, non ? Il ne c’était toujours pas vraiment remis de ses doutes et incertitudes l’pauvre garçon, il est allé se consoler en ville –oui, il est prof, il a le droit de sortir de l’école. Qui pourrait bien croire en ce petit côté fêtard ? Personne. C’est trop strange. M’enfin, il a dû abuser des bonnes choses et boire un peu trop chez lui. La maison de son père était à quoi, à peine une heure de route. Il y passait de temps à autre, quand cela lui disait. Ca chambre là-bas, était une sorte de refuge, où personne ne pouvait rentrer. Mais il est défendu de penser qu’il est alcoolique.

Oui, il déambule. Il marche droit. Il avance. Il a un peu mal à la tête et ne rêve que d’une chose, ce coucher. Il tomberait de fatigue s’il ne se trouvait pas encore dans ce couloir de verre interminable. Quand est-ce que je vais pouvoir m’allonger, aah ? Un bâillement sort de sa bouche. Il sent la cigarette. J’ai peut-être abusé aujourd’hui. Si je pouvais arrêter de me morfondre sur… sur… Son regard encore vitreux bien qu’il ne soit plus bourré, croise alors quelqu’un qu’il ne connait que trop bien. L’ironie du sort dirons-nous, mais il serait préférable de penser que l’un des deux suit l’autre. Pourtant, il était bien là le Elin. Perdu comme à son habitude, avec cet air d’attendre toujours quelque chose. Qu’est-ce qu’il faisait là ? Seul dieu pouvait nous le dire. Cet air d’abruti avait pour habitude d’énerver Altaïr, surtout qu’avec les mains terreuses et sales qu’il avait maintenant n’inauguraient rien de bon. Il a encore passé sa journée à faire mumuse avec les vers de terre. Il râla. Il était bien la dernière personne qu’il avait envie de voir à cette heure de la soirée. Surtout après l’après-midi qu’il avait passé enfermer dans sa chambre. Il se sentait plutôt serein après avoir réfléchit puis bu. Il avait arrêté de nier l’évidence et a accepté la vérité, pour le moins, déchirante, si l’on considère qu’il détenait une once de fierté en tant qu’homme. Mais il n’ose pas. Il ne veut pas prononcer ce mot. Parce qu’on fond de lui-même, il ne veut pas l’affronter lui. Lui. Elin. Nathanaël. Car il est sûr de perdre. En fin de compte, le gagnant était décidé d’avance.  Ce jeu inconscient qui ne consistait seulement qu’à faire craquer l’autre. Altaïr pourtant, n’y tenait pas plus que ça, avant. Avant quoi ? Avant d’avoir accepté cette fatale réalité.

Il s’approcha et ne s’arrêta que brièvement, prêt à repartir. Il lui fit signe de la main, signifiant qu’il n’avait rien à lui dire d’important aujourd’hui, bien qu’il lança tout de même quelque chose qui le fit saliver. « J’vais me coucher, je suis crevé. Tu me rejoins ? ». Cela pouvait être prit de différentes façons. Soit on comprenait ça normalement, c’est-à-dire, venir dormir, soit cela était pris dans l’ambiance du jeu, c’est-à-dire, de manière plus ambigüe. Et c’est ce petit sourire en coin narquois qui se dessina sur le visage d’Altaïr, qui pouvait aider dans l’interprétation, car ce dernier, prenait tout de même beaucoup de plaisir à jouer à ce petit jeu si amusant.


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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   26.08.14 18:19

Le caractère des rêves est parfois bien étrange. On a l'impression qu'il a déjà tracé le trait de la journée qui allait suivre. On se réveille avec la curieuse sensation que ce qui est en train de se passer nous est déjà arrivé, qu'on l'a déjà vu. Ce moment, on s'en souvient parfaitement. Les moindres paroles prononcées, les moindres gestes esquissés, la moindre situation. Rien de ce moment n'échappe à notre œil d'aigle. Comme c'est étrange ... Savoir ce qu'il va se passer avec une exactitude à faire pâlir les plus grands statisticiens. Et pourtant, ce n'est pas pour autant que l'on arrive à changer cet instant. Même avec la plus grande force et notre esprit qui nous cris d'agir, notre cerveau, lui, ne fait rien. Il se contente simplement de faire cligner nos yeux, n'ordonne rien d'autre que ce qui est déjà prévu. Et laisse le moment passer. Inexplicable. Anormal. Ces deux mots font partis du vocabulaire des rêves et des songes.

Elin se sentait appelé. Doucement d'abord, puis avec plus d'emportement. Il se sentait secoué de toutes parts, comme s'il était un pommier qu'on agitait pour faire tomber les fruits. Il tenta de chasser la chose qui le collait avec un faible battement de main - ce qui n'arriva pas bien loin on se l'accorde - et se renfrogna dans son sommeil. Il ne grogna pas de mécontentement. Non, il n'était pas assez conscient pour ça. Il se contenta seulement de faire rouler son corps de l'autre côté du lit, espérant ainsi que l'être qui le dérangeait cesserait son manège. Grand bien lui fit, puisque son corps arrêta d'être secoué. Murmurant un soupir de satisfaction, il se nicha encore plus - si ça pouvait être possible - dans le lit, fourrant ses mains dans la couette, la serrant le plus possible contre lui. L'oreiller subit à peu près le même sort, s'enfonçant sous le poids de la tête qui le surplombait. La chaleur se répandit en lui comme une traînée de poudre et il ne put retenir un frisson de contentement. L'un de ses rares moments de lucidité lui fit remarquer que son aimable colocataire n'avait pas tiré les volets ni les rideaux, laissant ainsi la nuit durer encore un peu dans la pièce alors que dehors le jour dardait ses premières lueurs. Mais cet instant, aussi clairvoyant fut-il, ne dura pas et bientôt il rejoignit les bras de morphée avec délicatesse, se laissant bercer par cette douce attention. Bientôt, murmura-t-il, bientôt ...

La journée s'annonça chargée. Contrairement à son ami, Elin n'avait pas franchement le matin en odeur de sainteté lorsqu'il se levait. Il n'était pas loin de l'air complètement hagard qu'affichait Altaïr lorsqu'il était en train de dessouler. N'allez pas croire qu'Elin était dans le même état, non ! Lui, il venait juste de se lever. La bouche pâteuse, il s'habilla comme il put : c'est-à-dire qu'il orna son corps d'un pantalon en toile et d'une chemise bleu foncé qu'il boutonna avec un retard du côté des trous. Résultat, elle était complètement de traviole, sa belle chemise. Lors de son premier cours de la journée, il eut bien un élève pour le lui faire remarquer mais il faut croire que l'information n'arriva pas entière au cerveau du jeune homme. Il était des jours où Elin semblait totalement déconnecté de la réalité. Ils n'étaient pas nombreux mais il était toujours difficile de communiquer avec lui dans ces moments-là. Sa famille et son entourage n'avait jamais compris si c'était parce qu'il se levait du pied droit - faut bien reprendre l'expression à son avantage quand on est gaucher - ou parce que les songes l'avait amené tellement loin avec eux qu'il lui fallait bien une journée pour reprendre ses esprits. On a tous ces petites journées d'absence. Mais toujours était-il que c'était pendant ces occasions-là qu'il aimait le plus s'abonner à sa passion. Une fois le premier, puis le deuxième et enfin le troisième cours terminé, Elin sortit de la dernière classe avec les mains tremblantes. Parler botanique durant les cinq heures précédentes avait laissé quelques séquelles dans son esprit. Il ne s'étonna guère de ne pas avoir croisé Altaïr de la journée. À ce moment-là, il fallait croire que son ami et leur nouveau jeu était bien loin de ses pensées, les plus intimes soient-elles.

Elin passa le reste de son après-midi entre le jardin botanique et la serre de crystal. Il avait beau s'occuper de l'enseignement des plus âgés de l'école, il restait avant tout un homme attaché à la terre. La liberté qu'auréolait ce poste était d'une effrayante bienfaisance pour le suédois. Il pouvait à la fois faire ce qu'il aimait et l'apprendre à d'autres. Puis lui importait que ces derniers ne le fassent pas de bon cœur. Tant qu'il pouvait partager, c'était tout ce qu'il demandait. Parce qu'avec l'autre, c'était tout bonnement impossible. Il était certes un ami, mais il n'avait peut-être pas choisi le meilleur si on prenait en compte l'amitié par la profession. Leurs deux mondes étaient simplement incompatibles.
22 heures 35. Elin est toujours debout. Enfin, il serait plus juste de dire qu'il est toujours accroupi. Il a juste avalé quelques biscuits et une tasse de thé depuis ce matin. Son estomac protesta mais il le fit taire. Il n'avait que faire de ces bruits dérangeants. La seule chose qui lui occupait l'esprit pour l'instant était une orchidée, enfermée dans la serre de crystal. Il aimait particulièrement cette fleur. À la fois belle et étrange, cette orchidée, caleana major, était un petit bijou de la nature. Installée à la serre de crystal quelques temps après son arrivé, Elin s'était rapidement pris d'affection pour cette fleur. Il en avait entendu parler lors de ses études à l'université de Lund, mais n'avait pensé avoir la chance d'en voir une. Comme souvent lorsqu'il se rendait à la serre de crystal, il ne pouvait s'empêcher d'observer en silence, de toucher, d'enterrer et de planter, d'enlever et de recouvrir. Les mains libres, sans gants. De toute façon, ils ne servaient pas à grand-chose, juste à emprisonner les doigts dans des gestes maladroits.

Le jeune homme entendit à peine Altaïr l'approcher, pas plus qu'il ne fit attention à son signe de la main. « J’vais me coucher, je suis crevé. Tu me rejoins ? » Une petite lueur brillait dans ses yeux lorsqu'Elin leva son visage sur le sien. Le rejoindre ? Il avait une fleur qui l'attendait. Ses mains terreuses en témoignaient. Et il n'avait pas la moindre envie d'aller se coucher. Qui plus est, il n'avait qu'un cours à partir de 10h le lendemain. Elin secoua doucement la tête. Non. Pas ce soir. Pas maintenant. Il n'était ni prêt, ni préparé. Il n'avait pas le bon esprit. Cependant, il ne put s'empêcher de jeter un regard direct sur la dégaine qu'abordait son ami et sur ses yeux de poisson - sur un étal depuis 5 jours ... - ; il était fatigué, ça, c'était une certitude. Mais lorsqu'il remarqua qu'il ne comptait pas rester là, Elin sentait son cœur se serrer, juste un peu. Ce soir n'était peut-être pas le bon pour leur jeu, mais peut-être l'était-il pour sa passion à lui. Il le rattrapa en quelques pas et s'arrêta à sa hauteur. Il cligna des yeux, un brin dérangé : la lumière de la lune tapait directement sur son visage, l'éclairant trop à son goût. Il se cacha derrière l'une de ses mains, tandis que l'autre ... L'autre se dirigeait inexorablement vers son ami et finalement atteint son but. Elle s'accrocha à la chemise d'Altaïr, le tira un peu en arrière. Le temps se figea. Des résidus de terre s'accrochèrent au vêtement blanc. Elin serra un peu plus sa prise.

« Je t'ai pas vu de la journée, tu étais parti ... »

Plainte ou question, c'est à toi de décider. Tu mènes la dance aujourd'hui.


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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   28.08.14 18:04


Son cœur bat. Oui, heureusement qu’il bat d’ailleurs. Qu’est-ce qu’un cœur ? Un muscle qui envoie du sang aux organes. Un muscle qui ralentit lorsqu’on dort, et qui accélère lorsqu’on court.  Une pompe qui change de rythme selon l’état de la personne. Le stress. Le stress est étrange à décrire. Ce mélange de peur et d’angoisse peut transformer quelqu’un. Parfois, la sueur coule le long des tempes. Les mains sont moites. Il devient même difficile de respirer. Les idées s’embrouillent et s’emmêlent, rien n’arrive à sortir de notre bouche. Paralyser par l’effroi. Voilà ce que peut causer le stress. Bien sûr, cela varie, mais en général, ce n’est pas quelque chose d’agréable. Et là, le cœur s’emballe. Il bat, il s’accélère lorsque cela doit être fait. C’est intelligent. Mais parfois, on aimerait bien qu’il se calme, alors que c’est impossible. On prit intérieurement. On panique. Et alors là, c’est complètement perdu, tout ce qui était prévu, foutu en l’air. Pourtant, cela n’est pas le cas d’Altaïr. Son cœur, dans sa poitrine, reste calme et ne chavire pas de l’autre côté. Pas encore. Il n’est pas temps. Ce n’est pas le moment propice pour cela non. Tout à fait, nous ne sommes pas des amants, nous ne sommes pas vulgaires à ce point, mince.

Il n’y a pas de vent. Normal quand on est à l’intérieur d’un bâtiment. Mais l’air qui y régnait était étrangement frais et apaisant. Une atmosphère légère et guillerette, accompagnait avec harmonie cette joyeuse scène qui se déroulait alors. L’un était stoppé par l’autre. Comment se sentit Altaïr, au moment où Elin attrapa au dernier moment, le bout de sa chemise ?  Il souffla. Petit soupir à peine audible mais bien présent. Il avait pourtant entendu ses pas se rapprocher, mais il n’avait pas bougé, pas esquiver, il ne s’était pas retourné. Pourquoi ? S’il avait vraiment voulu éviter tout cela, il l’aurait fait, et n’aurait pas attendu d’être arrêté. Il s’était laissé stopper, là, au milieu du corridor, baigné par le rayon de la lune dansante. Alors peut-être… peut-être qu’il le voulait. Peut-être qu’il voulait que ça se passe comme cela. Oui, il le souhaitait, même s’il le niait au plus profond de lui. C’est comme ça, quand on n’est pas honnête envers soit même. On devient vite indépendant de ces sales mensonges. On devient indépendant de ce masque que l’on se créé.

La main était tendue. Il avait tiré avec force sur sa chemise pour le retenir. Elin avait fait ça. Sa main terreuse et sale la tenait encore quand il parla. Et malheureusement pour Altaïr, c’était bien la dernière chose à laquelle il voulait répondre. « Je t'ai pas vu de la journée, tu étais parti ... ». Oui. Il était parti. Parti réfléchir. Parti loin d’ici, où personne n’aurait pu le déranger. A quoi avaient mené ces réflexions ? Pas grand-chose. Il a seulement accepté le fait que ce jeu serait sûrement, un des plus palpitants de son existence. Mais, il n’était toujours pas satisfait. Rien n’était clair. Sauf que, rien ne pouvait se faire ressentir dans sa façon de faire. On ne pouvait pas savoir s’il était troublé ou non. Parce qu’il est comme ça, lui. Elin est différent. Mais pour la première fois, Altaïr ne sait pas ce qu’il pense, lui qui, à son habitude, a un visage exprimant totalement ses pensées. C’est pour ça que ce n’est pas bien clair entre ces deux-là. Et si je lui disais que je me suis bourré la tronche ? Non, il essaierait de me sermonner, encore. Mieux vaut… Lorsqu’Altaïr se retourna, la main d’Elin se détacha. Face à face, comme deux inconnus. Il regarda un moment ses yeux bleutés. Ils étaient beaux. Il repensa alors à toutes ces fois, où le gaillard avait été là pour lui. Toutes ces fois, où son regard lui avait réchauffé le cœur. Mais aujourd’hui, Elin, Altaïr, sont deux autres personnes, et en eux, bat un autre cœur.

Son regard descendit vers la grosse marque de terre, laissée par son ami sur sa chemise. Elle était bonne à mettre au sale, une de plus dirons-nous. Il soupira, de plus belle. Il n’avait pas envie de répondre. A quoi bon. Je ne vais pas lui dire que je suis parti réfléchir. Parce qu’après, je sais très bien qu’il va me demander le sujet de cette réflexion. Et je ne veux pas affirmer, surtout ici, que mes sentiments varient entre l’amour et l’amitié. Hum. Un main se dirige vers le haut de sa chemise et commence à enlever les boutons, l’un après l’autre. Une fois complètement ouverte, elle glissa lentement derrière son dos et le long de ses bras, jusqu’à tomber à terre. D’un geste vif, il enfila sa veste noire, histoire de se couvrir quand même. Nous sommes encore dans un couloir, rappelons-le. Il se baissa, laissant ses cheveux pendre dans le vide et ramassa la chemise partiellement immaculée. Altaïr se releva, et fit un pas. Il se pointa alors, à quelque millimètre d’Elin, le vêtement à la main. « Tu comptais laver ma chemise, c’est ça ? ». Son souffle contre le sien, leurs yeux si proches, leur bouche si... La poignée contre le torse de son ami, il attendit que ce dernier la saisisse. Il sourit. Ca le fait rire. Il est con. Il aimerait faire plus. Aller plus loin que cette pauvre scène comique. Mais il ne le peut pas, c’est plus fort que lui. Il ne veut pas l’aimer comme ça. Il sourit. Toujours. Elin le fait sourire.

« Evite de la mettre à température trop chaude, il ne faudrait pas, en plus, qu’elle ne soit plus mettable. »
C’était un murmure, pourtant, ce ton, était le même qu’auparavant. Ce ton froid et détestable. Alors, il devrait être soulagé. Heureux de repartir enfin du bon pied. Mais il ne l’était pas.


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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   30.08.14 15:45

Non, le temps ne s'était pas arrêté. Enfin si. Plus ou moins. La lumière de la lune, qui irradiait la passerelle de verre, semblait figée. Éternellement prisonnière dans ce cercueil de verre, obligée de voir le temps se dérouler en dehors, paradoxal, ambigu ... Si le monde avait été reversé entièrement dans un sablier, Elin et Altaïr n'auraient été que deux petits grains de sables s'entrechoquant l'un contre l'autre, au milieu de milliers d'autres grains. Ils n'auraient rien eu de bien particulier, ils seraient juste ça, et rien d'autre. Et pourtant, lorsque l'on revient à l'instant présent, ce n'est pas l'impression que l'on a. En les voyant tous les deux, l'un tête basse, pas vraiment lui-même et l'autre, mi-figue mi-raisin, on a de quoi se poser quelques petites questions. De un, pourquoi le plus âgé des deux agi comme s'il était le plus jeune. Pourquoi, de deux, l'autre, qui est d'un an le cadet et qui a bu l'après-midi, fait comme si ce n'était pas le cas ? Étrangement, on peut dire que les rôles ce sont inversés. Pour une fois.

Lorsqu’Altaïr se retourna, il arrêta la pression qu’il exerçait sur sa chemise et fit pendre son bras le long de son corps. Pourquoi avait-il posé cette question ? Il n’était pas idiot au point de ne pas remarquer que son ami n’était pas tout à fait en forme. Il l’avait suffisamment déjà vu dans cet état-là pour s’en apercevoir. De petits cernes bleuis s’étaient formés sous ses yeux et ses pupilles ambrées semblaient presque vitreuses. Elin savait ce que ça voulait dire ; il comprenait le langage du corps d’Altaïr, pour l’avoir si souvent observé. Il connaissait ce petit côté fêtard que personne ne soupçonnait sous cette carapace de froideur. Mais aujourd’hui, ce soir, il n’avait pas envie. Pas envie d’y faire attention, pas envie de poser des questions. Parce qu’il était sûr que les réponses qu’il obtiendrait ne l’aiderait pas, ne reflèterait pas la vérité. C’était comme ça entre eux. Meilleurs amis et pourtant, beaucoup de non-dits. Ça faisait partie de leur amitié.
Elin regarda une fois de plus son ami. Il venait de se retourner, et maintenant le fixait sans gêne. Cependant, il ne s’attendait pas vraiment à ce genre de réaction de sa part. D’ailleurs, il n’y avait même pas pensé. Lorsqu’il le vit déboutonner sa chemise, le jeune homme regarda son ami, suivant ses gestes avec minutie. Que faisait-il ? Il n’en avait absolument aucune idée. Avant sa chemise, il avait enlevé sa petite veste noire et sa cravate – complètement défaite faut le dire. Il l’a laissa tomber par terre avant de rapidement remettre son veston, histoire d’avoir tout de même quelque chose sur le corps – parce que à cet’heure, fait pas forcément très chaud.

« Tu comptais laver ma chemise, c’est ça ? »

Pas vraiment non. Ils sont proches. Étonnamment proche. Rarement Elin se souvient de l’avoir autant été avec lui. Et pourtant, ça ne le troublait pas plus que ça. Non. Pas plus que ça. Leurs souffles se mêlaient l’un à l’autre, sans distinction. Cette proximité ne l’effrayait pas. Leurs peaux n’allaient pas tarder à se frôler. Mais Altaïr se mit à sourire. D’un sourire un peu étrange, presque pas très catholique. Ça y est, leurs peaux se touchent, s’effleurent. Altaïr lui tend sa chemise, sa main contre son torse. Il devrait la prendre. Il esquissa un geste mais s’arrêta. « Evite de la mettre à température trop chaude, il ne faudrait pas, en plus, qu’elle ne soit plus mettable. » Elin se réveilla enfin. Ce ton désagréable venait de l’éveiller, rien qu’un peu. Pas grognon, mais attisant en lui sa bonne humeur habituelle. Il retint un petit rire, avant d’attraper la chemise. Ses mains, il est bon de le préciser, étaient encore pleines de terre, et de ce fait il salit encore plus le vêtement. Il le prit à pleine main, raffermis sa prise dessus. Mais ce n’est pas pour autant qu’il se recula. Il était bien comme ça. Il n’avait pas souvent l’occasion d’être aussi proche de son ami ; pas proche dans le sens ami intime – parce qu’ils l’étaient déjà et ce depuis longtemps - mais plutôt dans le vrai sens, le premier. Il lui fut impossible de dire combien de temps ils restèrent ainsi, de même qu’il fut incapable de savoir si quelqu’un traversa la passerelle à un quelconque moment. Non, ce moment était à eux, et à eux seuls. Ils en étaient les seuls à en bénéficier. Parce que si il y réfléchissait bien, depuis qu’ils étaient à golden krone, ils n’avaient pas eu plus que ça l’occasion de passer des moments ensemble, comme ils le faisaient auparavant.

« Je ne porte quasiment que des chemises, je sais comment m’en occuper. »

Le jeune homme se passa la main dans la nuque, puis reporta son attention sur le vêtement. Maintenant, il était difficile de dire qu’il s’agissait en effet d’une chemise « blanche ». Bah, elle l’est toujours encore un peu. Et puis, je suppose que ça lui évitera de passer à la buanderie pour l’y déposer. Vu comment il est crevé, vaut mieux que je m’en charge si je ne veux pas qu’il s’écroule par terre. Mais son côté égoïste avait toujours tendance à ressortir lorsqu’il était dans ces jours-là. Et aujourd’hui était un de ces jours. Déjà, il l’avait retenu ici parce qu’il ne voulait pas qu’il s’en aille. Et même maintenant qu’il avait pu le voir, lui parler, il voulait qu’il reste encore ici avec lui. Il n’avait pas vraiment d’idée pour y parvenir, mais l’une d’elle ne lui semblait pas trop mal. Il se frotta les mains l’une contre l’autre pour enlever le trop plein de terre et entreprit de défaire sa chemise. À la place, il mit celle de son ami. Et enfin posa la sienne sur les épaules d’Altaïr en lui adressant une petite mimique, signe qu’il voulait que lui l’a mette à son tour. Il se recula, s’adossa à la paroi de verre, regarda Sune, serra sa chemise contre lui. Pour une fois, il n’avait pas envie de mener la conversation. L’orchidée était partie de son esprit.


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MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   01.11.14 1:26


« Je ne porte quasiment que des chemises, je sais comment m’en occuper. »
Mais oui, occupe t’en, si cela te fais plaisir.

Qu’es-tu, toi, au loin ? Tu brilles si fort, toi qui dessine l’horizon. Peu importe si l’on avance, tu sembles toujours inaccessible. Si l’on tend une main, devant, et que l’on effleure ton dos, alors on frissonne. On a peur. Il a peur de ta réaction. Pourquoi, alors que tu es si proche, tu t’éloignes, toujours, encore ? Un si petit pas, et sa main se détache. La séparation est douloureuse. Pourquoi ne te retournes-tu pas ? Attends-le, il te suit. Il est là. Si proche. Qui suit qui ? Qui marche vers la lumière, qui reste dans l’ombre ? Impossible à dire, pourtant,  chacun des rôles leur correspond. Les deux ont leur part de secret, de doute et de désinvolture. Alors, qui est qui ? Seul le temps pourrait vraiment le déterminer, le définir. Est-ce que l’on laissera l’autre de côté, ou… pas ? Un couloir. Leur chemin est comparable à un couloir. Des murs longs et étroits. Ils trébuchent, se relèvent, pour entamer ce nouveau chapitre qu’est le leur. Et sans jamais penser un instant aux conséquences, ils avancent, démolissant et écrasant parfois leurs propres rêves. Chacun se donne la main, chacun est prêt à tendre un piège, chacun est aux aguets. On pourrait dire que c’est la loi de la nature. Le chasseur chasse, le chassé est tué.

Que fait-il, il croit que je n’ai que ça à faire. Je n’en veux pas de sa chemise, qu’il garde sa crasse et sa sueur. Aaah, je veux me coucher, laisse-moi donc un peu tranquille. D’un geste rapide mais pourtant délicat, il le regarde déboutonner sa chemise. Le temps s’arrêta. Sa main, qui pourtant détachait consciencieusement chaque bouton, avançait lentement, c’était comme si… non. La lumière de la lune l’éblouit, et il passa son bras devant ses yeux. Elin enfila la sienne après ce déshabillage étrange, et posa sa chemise pleine de crasse sur son épaule. M’enfin, ce n’était qu’un prétexte de dire qu’elle était sale, parce qu’en vérité, elle était plutôt propre. Même de là, Altaïr pouvait sentir l’odeur d’Elin s’en échapper. Une odeur apaisante, agréable voir même jouissive. Les effluves du corps de son ami le firent frissonner. Il tremblait. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que mon corps ne m’obéit plus ? Pourquoi je suis là, debout comme un idiot, et toi, contre le verre, là-bas, comme si tu sembles m’attendre ? Pourquoi vais-je mal ? Mais bordel, pourquoi tu ne te rends pas compte de ce que je vis ?! Merde quoi, j’aurais besoin, juste d’un peu… juste que tu me dises que je me trompe, que ce n’est pas vrai. Il ferma les yeux si fort et se mordit la lèvre inférieure, essayant de revenir à la réalité, de réagir, de faire quelque chose, au lieu de rester planté là, au milieu de la passerelle de verre. Il pinça si fort sa lèvre que le sang en coula. Chaud. Etonné de voir le sang couler, Altaïr fixait le sol, là où une goutte était tombée. Ce fut peut-être à ce moment qu’il prit une drôle de décision. Il garda sa veste, et prit d’une main la chemise qu’Elin avait au préalable mit sur ses épaules et s’approcha de lui. Ils étaient debout, ici, face à face, encore. Pourtant, leurs confrontations ne menaient plus nulle part. Elles ne menaient plus à rien. Oui, c’était comme si rien ne bougeait plus, comme s’ils avaient atteint la limite de leur amitié, l’intouchable horizon.  

Son regard est vitreux, toujours. Il observe quelques secondes Elin, des secondes qui durent éternellement. Debout, les bras le long de son torse, il tenait dans sa main droite cette chemise ébène, qu’on lui avait déposé sur son épaule. Mal. Il a mal. Pourquoi a-t-il mordu  aussi fort ? Ça fait vraiment mal. Ça pique. Qu’est-ce ? Quelle est donc cette étrangeté qui coule le long de sa joue ? Est-ce une larme ? … Une larme ? Lentement, elle descend et se mêle au sang au coin de sa bouche, pour former une petite goutte rose, continuant son chemin sur son menton. Il pleure. Une seule larme arrive à s’échapper de ses yeux, mais il pleure.  A l’intérieur, il est oppressé, compressé. Son cœur est meurtrit, il est perdu. Il ne sait pas ce qu’il doit faire. Hésitation. Le prendre dans ses bras. Courir. Fuir. Oublier. Lui dire bonjour. Le saluer. Pourtant, là, ses yeux s’écarquillent. Il dit non. Il dit stop. Les conneries ça suffit. Il se durcit, n’essuie pas son visage. Je ne suis pas comme ça. Il lève le bras, et jette la chemise noire sur Elin avec violence. « JE NE SUIS PAS COMME CA ! ». Il s’écroula sur le sol, le regard complètement anéantit. Il ne fixait rien, seulement le vide. Pourtant, devant lui se trouvait Elin, debout. Que se passait-il ? Il ne voyait plus tellement les larmes coulaient encore et encore. Cette fois ci rien ne pouvait les arrêter. Mais on ne pouvait entendre aucun sanglots, on ne pouvait que voir cette eau salée continuer sa route sur ses joues devenues roses pâles. «… Je ne…suis…pas comme ça… ». Rien n’est plus perçu. Ni les sons, ni les gestes. Rien ne perce cette carapace qui se forme petit à petit. Ne viens pas, ne parle pas, ne me suis pas. Je te déteste. SORS DE MA TETE ! Je veux t’oublier, oublier ! Je veux que ce regard que tu me portes me quitte et redevienne le regard qu’il était, ce que je croyais qu’il était. Compassion, amitié. Protection, solution. Aide-moi, aide-moi, aide moi à te faire sortir. Aide-moi à penser comme avant. Sinon…sinon…je vais me perdre, une seconde fois. Je ne veux pas ça. Pas…ça. Quoi ? Aimez un homme ? Toi ? Non, non, non… je t’en prie, sors de ma tête.
Sa tête était entre ses mains lorsqu’il releva la tête, essayant de voir clair à travers les larmes qui commençaient à peine à se calmer. Ses yeux étaient en face des jambes d’Elin, et il finit par se laisser tomber en arrière, assit, les bras ballants.

« Je ne veux plus te voir… »


ALTAÏR SUNE MARY

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MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   01.11.14 18:11

La paroi était froide. Doucement et agréablement froide. Lorsque son dos rencontra la vitre, le contact l’électrisa. Il ne put retenir le frisson qui l’agita ; qui se propagea le long de son dos, sautant de muscles en muscles, de vertèbres en vertèbres, sans contraintes ni retenues. Lorsqu’il arriva en bas, les muscles de son bassin se contractèrent. Puis il se divisa, parcourant ses deux jambes, arrivant enfin à ses pieds, qui ne purent s’empêcher de frémir. Mais en vérité, n’était-ce pas plutôt le contact avec la chemise d’Altaïr ? Troublé. Il n’aurait su le dire. Ce contact, cette odeur, cette sensation … Ce contact, c’était peut-être la première fois qu’il le ressentait. Cette odeur n’était pas de loin sa préférée. Même si il avait tendance à l’apprécier de plus en plus. Même s’il avait tendance de plus en plus à aller la chercher, et à aller au contact. Il avait en mémoire leur dernier face à face. Étrange et … révélateur. Révélateur ; sans trop savoir pourquoi. Quant à cette sensation … Elle était peut-être encore trop nouvelle pour qu’il ne puisse la juger. Mais ses jambes pouvaient encore tenir. Oui, elles le pouvaient. Encore. Parce qu’il n’avait pas envie de s’affaler par terre, comme le menaçait de faire l’autre en face de lui.
 
Le reste se passa au ralenti. Encore cette métaphore : le temps se figeait, toujours. Éternellement. Lorsqu’il releva les yeux, le rideau sombre et noir de ses cheveux qui s’était abaissé se releva. Il s’écarta, lui laissant entrevoir la lumière de la lune, éclairant élégamment le couloir dans lequel ils étaient. Mais ce qu’il vit le fit tressaillir. Comme jamais auparavant. Ses yeux s’écarquillèrent. Ses lèvres se fendirent d’une sorte de rictus. Devant lui, il y avait Altaïr. Altaïr, son ami de toujours. Son meilleur ami. La personne qu’il aimait certainement le plus, ayant peu d’attaches sociales. La seule personne qui le rattachait vraiment à la réalité et au quotidien. Sinon, rien n’aurait été dit qu’il ne se serait pas consacré à son art. Un art qui était … Mais ses divagations s’arrêtèrent là. Incapable d’aller plus loin. Incapable de percevoir réellement ce qui se passait devant ses yeux bleu-gris : il tremblait. Ne semblait ne plus être maître de lui-même. Et cela ne fit qu’empirer. Car au moment où Elin leva ses yeux sur Altaïr, il se sentit comme giflé par une main inconnue et surtout incroyablement dure. Il leva sa main sur sa joue, persuadé qu’une marque rouge était en train de faire son apparition dessus. Lorsqu’il l’a posa, il ne sentit rien. Il l’avait imaginé. Vraiment ? Ses pensées étaient confuses, redevenues chaotiques. Ses yeux se fixèrent sans son accord sur le visage de son ami. Qui était exceptionnellement pâle. Qui n’exprimait plus rien qu’une douleur sans nom et qu’il ne comprenait pas. Que s’était-il passé, cette après-midi, lorsqu’il avait bu ? Rien, au vu de son état. Il n’avait pas rencontré de gars louche aux idées quelques déplacées, ni de gang aux mains luisantes. Un soupir aurait pu franchir la barrière de ses lèvres, mais il n’en fut rien. Ses yeux restaient désespérément là, à le dévisager. Sans rien imaginer du conflit intérieur qui animait son ami. Il ne put que constater la goutte de sang qui perla, coula le long de son menton pour finalement terminer sa maigre course par terre. De minuscules éclaboussures tâchèrent le sol à peine plus loin.
 
Des flashs le traversèrent, à la fois bruyants et douloureux. Il vit des images défiler devant ses yeux sans qu’il ne puisse rien faire, ni les stopper, ni les faire accélérer. À peine commença-t-il à essayer de faire le tri dans ce qu’il voyait que tout s’arrêta, et qu’une image s’imposa d’elle-même. Il l’a connaissait … plus que par cœur. Combien de fois se l’était-il remémorée ? Un adolescent, dix-sept ou dix-huit ans tout au plus. Coucher sur un lit blanc. Les cheveux noirs ébène en bataille. Des bandages sur les avant-bras et les mains et un qui entourait sa tête, capturant quelques mèches de cheveux. Mais ce qui marquait le plus, quand on entrait dans cette pièce, s’était l’air complètement hagard de ses yeux. Yeux qui ne brillaient pas, ou plus. Ternis par une douleur incommensurable. Et les larmes. Les pleurs qui secouaient ses épaules avec violence, sans prendre garde des blessures qui lézardaient son corps. Des sanglots intarissables et inarrêtables. Il n’avait jamais Sune dans cet état-là.
 
Le retour à la réalité fut quelque peu forcé. Un masse légère mais pourtant lancée avec violence lui atterri dessus. Il n’a pas le temps d’esquisser le moindre geste, que les mors sortent. Durs et cruels. « JE NE SUIS PAS COMME CA ! ». Troublant de vérité. «… Je ne…suis…pas comme ça… ». Ces mots-là ne furent pas assez puissants pour percer la carapace qu’Elin s’était forgé autour de lui durant la journée. Les suivants, eux, par contre, ne le loupèrent pas. « Je ne veux plus te voir… ». Il n’y eu aucune réaction. Pas un geste. Pas un mouvement de sa bouche. Rien de tout ça. Seulement … Un vide. Un abîme. Profond, insondable. Insupportable. … Que … Quoi ? … Le flot de ses pensées s’arrêta brutalement. Tumultueux juste avant, il venait de passer à quelque chose d’étrangement beaucoup plus calme. Comme si le vent qui s’agitait en lui avait arrêté de souffler et que l’orage avait cessé. Soudainement, son impuissance le sidéra. Tous les deux, ils s’étaient déjà engueulés, s’étaient déjà fait la gueule pendant même plusieurs semaines. Mais ça n’était jamais allé au-delà. Jamais … Que devait-il faire ? Le relever, le charrier ? Tendre la main vers lui, lui parler comme si de rien n’était ? C’est … impossible. S’enfu-. Non.
 
« Altaïr … »
 
La voix qui filtra de ses lèvres, était-ce vraiment la sienne ? Elle était rauque, guère chantante. Elin se laissa tomber sur le sol, glissa le long de la paroi en verre, doucement.  Il termina sa course, accroupi, en face d’Altaïr. Altaïr au visage complètement ravagé par les larmes. Perdu, définitivement perdu. Il s’avança vers lui, brisant la quelque dizaines de centimètres qui les séparaient l’un de l’autre. Il tendit la main, écarta légèrement les doigts. Les rétracta. Il ne savait plus ce qu’il faisait ; clairement. Mais à la limite, il s’en foutait, et royalement. Il effleura ses cheveux. Et le couva de ce regard. Le seul qu’il lui offrait, seulement à lui. Empreint de tous les sentiments qui s’agitaient en lui, qu’il éprouvait à cet instant. Ce regard du grand-frère qui aide son petit frère à se relever après une mauvaise chute. Celui d’un ami voulant aider, simplement. Puis un sourire se dessina sur son visage. Doucement d’abord, s’étirant avec lenteur. Et ses lèvres formèrent de mots.

« Tu sais … C’est parce que tu caches tout le temps tes sentiments que tu craques comme ça. »


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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   02.12.14 17:59

Coule. Tombe. Ne cesse jamais. Suis ce chemin qui est le tient. Ne te laisse pas perturber par ces choses, ces échanges du passé. Larmes que tu es, vient effleurer la mère poussière, qui t’attends déjà, depuis trop longtemps. N’est-ce pas ce ralentit, où les gouttes, les unes après les autres, viennent épouser les grains de sables jonchant le sol ? Quelle est donc cette arme au lointain ? Ne serait-ce donc pas là un souvenir, violent, maquillé en un sordide mais splendide désir ? Pourquoi le sang gicle dans ce tourbillon de colère ? L’arme s’abat, tel un bourreau, continuant ses envies dévastatrices. Pulsions. Meurtres. Un carnage éternel, interminable. Il faut l’arrêter. Le stopper. Bleu. Couleur cobalt, perçant dans ce rouge omniprésent. Qu’est-ce ? Distinguer est impossible, imaginer ne l’est pas moins, pourtant, on pourrait presque croire que ce bleu dessine des yeux. Profonds, visitant les abords des abysses. Un bleu qui essaye de résister au sang, celui-là gagnant de plus en plus d’espace. Un mélange de couleur se forme, et cette lueur d’espoir finit par s’envoler. La peur est plus forte que tout, et le rouge, couleur du diable, surpasse bien vite toutes les autres, laissant ces yeux, devenus bruns  et ternes, sans lumière. Les larmes coulent, elles coulent. Elles n’expriment pourtant que de la colère, une rage que l’on pourrait qualifier de dangereuse.

Qu’est-ce que je fou ? Ahah, oui, me mettre dans un état pareil pour quoi ? Hein ? Non non, je ne sais pas, je ne veux pas savoir, hein ? Pourtant, je suis bien là, hystérique, au bord de la dépression, non ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Non, non, non. Il y a bien une raison. Toi, toi qui me regarde. Un regard que je ne veux plus voir, que je ne vois plus. Je pensais que notre amitié pouvait tout faire changer, mais non, j’en reviens toujours à moi. Ne suis-je pas égoïste ? Alors j’essaye, j’essaye de m’ouvrir, à toi, au moins, mais ça n’a pas marché. Ça ne marchera plus. Souris, tu es encore en vie, moi je ne le suis plus. Ne soyons plus que des connaissances, de simples collègues. Souris, je te dis, souris…

« Altaïr … »

Quelle est donc cette main qui vient toucher délicatement son visage ? Pourquoi ces doigts-là viennent essuyer les larmes qui coulent à flots ?  Il sent ses délicates mains passer sur ses joues, enlevant l’eau salée jusqu’à ce que le tout soit sec. Une mèche de cheveux lui retombe dans l’œil, car il venait de la soulever. Toujours avec ce regard, ce regard qu’Altaïr ne tolérait plus. Ma tolérance s’est envolée il y a bien longtemps déjà, non ? Le visage d’Elin, celui qu’Altaïr fixait sans aucune émotion, comme s’il ne le voyait plus, arborait une expression inconnue. Les dessins et courbes de sa têtes, il les connaissait par cœur. Des cheveux aussi sombres que les siens, mais pourtant ils étaient tous les jours en bataille, légèrement ondulés. Des yeux ternes et clairs, qui semblaient si naïfs mais à la fois tellement sincères. Combien de fois m’as-tu regardé avec ces yeux, Elin ? Une allure qui lui donnait un air de boyscout. Une allure qui cachait au fond, une personne pleine de bonté.

« Tu sais … C’est parce que tu caches tout le temps tes sentiments que tu craques comme ça. »

Ah, cacher mes sentiments ? C’est peut-être ça au fond, tu as peut-être raison, une fois de plus. Mais je vais le nier, comme à mon habitude. Mais je t’avoue, que je ne sais vraiment pas de quels sentiments tu peux parler. Comment le dire à quelqu’un et ne pas le cacher si moi-même, je ne sais pas de quoi il en retourne ? As-tu la réponse ? Hein ? Qu’est-ce que j’en sais, je ne te le demanderais pas de toute façon. Un tambour raisonne dans sa poitrine, il chante, et laisse une mélodie tapant contre les parois. Quelle est donc cette partition ? Qu’est-ce qui est joué ? Personne ne peut le savoir, car seul Altaïr peut l’entendre, ce son venu du fond de son âme. Mais malgré cela, il reste convaincu, il reste brisé, il reste perdu. Un ami ne pourrait le sortir de cette impasse. Un ami ne pourrait le faire.

Un poing vient alors se cogner contre la vitre, avec violence. La colère ne prend pas le dessus, et le visage d’Altaïr reste un des plus humbles qu’il sait montrer. Une expression lassée et exaspérée. Il voulait retirer ce sourire qu’Elin pouvait avoir juste à l’instant. Cet échange de regard dura longtemps. Trop longtemps. S’appuyant sur son bras, sa tête se rapprocha, lentement. Leur nez s’effleura, et seul le bruit de leur souffle, l’un sur l’autre, pouvait s’entendre. Altaïr ferma les yeux un instant, hésitant quelques secondes. Qu’est-ce qui le faisait hésiter ? L’odeur corporelle d’Elin. Cette odeur si délicate. Si douce, si rassurante et agréable, si…  Non, il n’y a plus à hésiter. A présent, tu es devenu mon ennemi, Elin. C’est ainsi qu’il pensa, ainsi qu’il réagit. Il arrêta. C’était trop dur, sûrement. Pourtant, cette mélodie continuait de battre dans sa poitrine, laissant un gout amer de défaite. Mais quoi qu’il en dise, il savait très bien, que derrière cette musique, se cachait la suite, la revanche. Rares étaient les fois où leur visages avaient été aussi proches. Pourtant, il ne tressaillit pas. Alors, rouvrant les yeux lentement, il ne changea pas de décision.

« Ne t’ai-je pas dit que je ne voulais plus te voir ? »

La volonté était plus forte que sa raison, pourtant, une phrase lui revint en tête, une phrase oubliée. « Our bodies are gardens, to the which our wills are gardeners ».

Traduction ~ :
 


ALTAÏR SUNE MARY

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MessageSujet: Re: ▲ It's not a game, it's the truth. || feat. Elin   14.12.14 22:50

Ses doigts effleurent encore. Touchent son visage, se perdent dans ses cheveux. Caressent ses mèches noires légèrement survoltées, les ébouriffant au passage. Puis ses doigts s’arrêtent à la bordure de sa nuque. Ils se stoppèrent brutalement, sans aucun signe avant-coureur, sans que rien n’ait pu le prédire ; lui-même ne sait pas. Ils stationnèrent là, y restèrent attachés. Comme si c’était la dernière chose à faire : la dernière chose qu’il fallait qu’il fasse. Était-il vraiment conscient de ce qu’il faisait ? Certainement pas. À vrai dire, on pouvait presque se dire qu’il avait choisi la bonne journée pour ne pas être complètement lui-même. Heureusement que tout était tombé ce jour-là, vraiment. Parce que sinon, sinon … Rien de tout cela ne se serait passé ? Ou alors tout ça se serait passé mais d’une manière totalement différente ? Il ne voulait pas savoir ; il ne voulait pas savoir ce qui aurait changé, ce qui serait arrivé si Altaïr n’avait pas bu et si ils ne s’étaient pas rencontrés dans ce couloir. Non … Il ne voulait pas. Pourquoi, il ne savait pas. Mais sa réponse était claire. Avait-il … peur ?
 
Altaïr ne lui laissa pas le choix de la réponse. Pendant tout ce temps, il était resté muet, comme aveugle à tout ce qu’Elin avait pu faire ou dire. Et au moment où lui-même se demandait si finalement l’alcool n’avait pas eu son mot à dire dans cette affaire, un bruit mat résonna dans le couloir. Étonné, il fixa l’homme en face de lui, les yeux à demi écarquillés. À demi. Ce devait être une drôle de vision qui s’offrait à celui qui avait l’imprudence de se promener par-là, vers 23h. Elin avait toujours sa main gauche de perdu dans les cheveux d’Altaïr. Et Altaïr, lui, eh bien … Il venait de frapper, sans raison apparente, la vitre en verre. Celle contre laquelle Elin s’était adossé un peu plus tôt et celle aussi contre laquelle son dos avait glissé. Y avait-il un quelconque message à comprendre ? Elin ne savait pas. Il n’avait pas envie de savoir. Parce que au fond de lui, il le redoutait. Même si il ne voulait pas l’admettre, même si il ne voulait pas ne serait-ce qu’en émettre l’hypothèse ; il avait peur. Peur de ce qui allait se passer, ensuite. Là maintenant, je serai pas contre un petit acte de divination, ou quelque chose dans le genre. Franchement … Cependant, il n’en était pas encore au point de comprendre le véritable message de sa pensée et encore moins la supplication implicite qu’elle soulevait. Non, il n’en était pas encore là. Il lui restait des choses à faire, à dire. Et pour l’instant, c’était à Sune d’agir.
Leurs têtes se rapprochèrent, tout doucement. Seul Altaïr bougeait, seul lui décidait. Il se rapprocha, toujours petit à petit, sans précipitation. Et Elin fixait ses yeux bruns, s’y accrochant comme s’ils étaient la dernière chose qu’il lui était donné de voir. Leurs nez se touchèrent avec légèreté, presque avec tendresse. Leurs souffles se mêlèrent l’un à l’autre, sans aucune distinction. L’un était calme, trop pour que cela soit normal ; l’autre était … hésitant ? Les orbes bruns furent soudainement soustraient à sa vue, puis réapparurent quelques secondes après. Altaïr s’arrêta.
Et ce fut tout.
 
« Ne t’ai-je pas dit que je ne voulais plus te voir ? »
 
Un silence de mort régnait dans le couloir. L'éclat de colère s'était envolé et avait déployé ses ailes noires avec la promesse doucement susurrée de ne plus jamais revenir. Comme si plus rien de vivant n'existait ; comme si ces paroles avaient soufflé toute la vitalité de l'endroit. Pourtant, ils n'étaient que deux, et il n'y avait personne. Personne d'autre pour assister à cette scène que d'aucun aurait qualifié d'étrange. Et plus qu'étrange, sensuelle. Le mot bloqua. Dans sa tête, dans sa gorge, partout dans son corps, sans qu'il ne puisse l'expliquer. Le pourquoi, le comment, il n'avait aucune idée de comment y répondre et encore moins de comment y réfléchir. Parce que tout s'était arrêté, encore une fois. Mais cette fois-ci, il n'y pouvait strictement rien. Le verdict était donné, la sentence venait de tomber, cruelle, dure et froide. Mordante ... Sans détour. Sans aucune possibilité de retour en arrière, comme s'il venait de franchir le point de non-retour. Comme si il avait été le seul et le premier à franchir cette ligne pourtant invisible. Et ça, il ne l'avait pas choisi, pas même qu'il ne l'avait compris. Ses états d’esprits étaient telle l’obscurité, noire et ténébreuse, traîtresse. Sans courbes, sans formes, sans voluptés, sans que rien ne vienne prendre une quelconque silhouette, floue ou nette, bienveillante ou non. Ses yeux s’étaient parés du voile noir, s’étaient teintés d’une obscurité nouvelle, guère souvent rencontrée. Pas même dans les tréfonds de son âme, pas même lorsqu’il s’était posé des questions et qu’il n’avait pas trouvé les réponses ; pas même lorsqu’il était parti, brisé, sans être le même qu’auparavant. C’était une première pour lui, de cette manière-là. Oui, ensemble, ils avaient déjà haussé le ton plus que de commune mesure, mais ils s’étaient toujours rabibochés, ils avaient toujours trouvé quelque chose à dire à l’autre qui l’aurait fait sourire. Mais là, maintenant, ce n’était pas le sentiment qui dominait en lui. Parce qu’il avait cet arrière-goût amer en bouche et cette étrange sensation que tout filait entre ses doigts.
 
Il devait être tard maintenant. Il avait perdu le compte du temps depuis un moment déjà. Onze heures ? Minuit ? Ça ne l’intéressait pas. Altaïr était juste devant lui, avec cette étrange lueur dans les yeux. Il aurait voulu la lui enlever. Pour la remplacer par une autre dont il connaissait tout par cœur. Mais il y avait autre chose. Quelque chose d’inavouable pour l’instant, qui ne pouvait pas encore éclater au grand jour ; pas de cette façon. Il était partagé. Rappelle-moi qui a commencé tout ça, hein, Elin ? Lui ? Altaïr ? Ou bien les deux à la fois ? Il aurait voulu rire. Il aurait voulu glousser comme tant d’autres fois avant celle-ci. Il aurait voulu agir normalement, comme d’habitude. Mais il ne savait pas. Ne pouvait rien prédire que ce qui allait se passer. Au moindre faux-pas, quelqu’un serait là, quelqu’un qui les attendait déjà au tournant. Alors il ne pouvait rien faire sans réfléchir. Il devait penser à tout. Et si il y avait bien une chose pour laquelle le jardinier était réputé, c’était bien parce qu’il ne connaissait pas l’expression « tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ». Ils étaient proches. Leurs nez s’effleuraient. Ses yeux ni quittaient plus les deux orbes en face de lui.
 
« Et qui te dis que je le ferai ? »
 
À peine les mots étaient prononcés que déjà Elin expirait un grand coup, soufflant de l’air sur leurs visages à tous les deux. L’air était tiède, pour ne pas dire chaud. Et ce n’était pas vraiment de ça dont il avait besoin. Il inspira profondément et l’odeur de Sune envahit tous ses sens. ’tain, on va pas dire que ton odeur est des plus délicates ! Entre l’alcool et la cigarette, pas de quoi faire un parfum. Mais c’était peut-être ça qui le rendait unique à ses yeux. Il savait des choses que personne d’autre ne pouvait même soupçonner.
 
« Compte pas sur moi. Tu es un ami unique. Le seul que je connaisse … qui porte ce titre-là. Je te le redis ; ne compte pas sur moi pour te laisser me dicter mes actes. »

Alors Elin laissa sa main gauche, celle dans les cheveux d’Alta, glisser jusqu’au sol. Il cessa de retenir sa tête et la laissa basculer contre celle d’Altaïr. Leurs fronts se rencontrèrent.


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