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□ Maladresse, quand tu nous tiens □ pv Altaïr

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MessageSujet: □ Maladresse, quand tu nous tiens □ pv Altaïr   08.07.14 13:15


C'est à trente-deux ans passé que j'ai décidé de reprendre mes études. Et très franchement, je me demande parfois ce qui a bien pu me passer par la tête le jour où j'ai tout quitté pour venir ici. J'en avais oublié à quel point l'ambiance d'une classe était particulière mais apaisante. A quel point écouter un professeur pendant plusieurs heures pouvaient être difficile quand on a la bougeotte comme moi. Et bien sûr, à quel point les élèves peuvent être en compétition et toujours en train de se comparer entre eux. Je pensais sincèrement que cette dimension-là ne serait plus de mise désormais. Mais j'avais tord. Tout le monde voulait gagner sa place ici. La salle de travaux pratiques dans laquelle je me trouve n'est pas occupé par beaucoup de monde. Nous devons être une quinzaine à être venu écouté le cours du professeur-maître hôtelier, monsieur Mary. Je trouve la situation bien ironique parce qu'il est plus jeune que moi. Mais j'aurais dû m'y attendre. Golden Krone est bourré de jeunes professeurs talentueux, que l'école à recruter dès qu'ils sont sorties de leur école. A côté, je fais un peu tâche. Cette pensée m'arrache un sourire. J'ai toujours fait tâche, pourquoi est-ce que ça commence à m'inquiéter ? Peut-être que j'ai du mal à retrouver ce monde scolaire, seul pour la première fois. Toi mon Bro', tu serais déjà en train de me distraire pour faire la plus grosse connerie possible, histoire de te faire remarquer par les mignonnes petites maids du fond qui s'entraînent bien sagement en te jetant des regards en coin. Enfin, c'est bien moi qu'elles regardent. Puisque tu n'es pas là. Toi tu savais profiter de ta grande taille, de l'attention que les autres te portaient pour leur sourire et les séduire dans un temps record et effacer l'inquiétude dans les regards. Cette inquiétude qui plane toujours à mon égard.

L'ennui c'est que je n'ai jamais été aussi extraverti que toi. Que même si je me plais à t'imiter, exercer un certain charme, ça sonne faux et ça ne dure jamais longtemps. Andreas je ne suis que ton piètre imitateur. J'ai décidément beaucoup de mal à me concentrer sur le cours. Le professeur-maître est en train de nous montrer avec un grand plateau, comment répartir au mieux les assiettes et les verres, afin de transporter le tout d'une main sans encombre. Je plisse les yeux, cherche à comprendre comment il fait pour avoir tant d'équilibre et de grâce en transportant tant de chose avec cette déconcertante facilité : alors que les élèves qui s'y essaient tremblent et font jouer leur réflexe de manière assez malhabile en essayant de reproduire l'exercice. Je suis lent à la détente. Ce n'est pas nouveau, je sais pertinemment que parmi seulement une quinzaine de personne, il est difficile de ne pas remarquer que je ne suis pas dans le coup. M'enfin, je vais essayer aussi, on verra bien. A cette épreuve de sélection, ma force avait pu être utile... seulement je n'ai jamais eu un grand sens de l'équilibre. La faute à ma croissance accélérée, à ce corps gigantesque qui me suit depuis toujours mais dans lequel je ne me sentirais jamais à mon aise. Si on pouvait m'enlever quelques centimètres, par-ci par-là, je serais le plus heureux du monde. Mais apparemment, ce n'était pas possible. Alors faisons avec.

Elles sont étranges ces salles de TP. Enfin je veux dire, reconstituer une si grande salle à manger, avec un si grand nombre de placard à vaisselle et de plateau en argent, uniquement pour l'entraînement des employés : c'est parfaitement dingue. Je m'en vais choisir un plateau en essayant d'y répartir le mieux possible tout le nécessaire pour un repas de deux personnes. D'ailleurs, je trouve ça étrange. En général, les maids et valets des endroits que j'ai déjà fréquenté utilisé des chariots, pas des plateaux aussi gigantesques. Après, chacun sa méthode. Avec mes grandes mains, je pouvais stabiliser d'avantage la chose, et lorsque je la soulevai, je ne peinais pas autant que mes camarades. J'étais un peu rassuré quelque part. J'essayais alors de faire quelques pas, mais ceux-ci étaient mal assuré. Je sentais déjà le regard du professeur se tourner vers moi. J'avais besoin de conseil, c'est certain. Mais au vu de la manière froide avec laquelle il reprenait les autres élèves, je me sentais un peu mal là. Je ne me tiens pas assez droit ? Je ne suis pas assez sérieux ? Que me manque-t-il professeur ? Dans un silence pesant, j'attendais ma sentence, enfreignant une règle fondamentale sans vraiment le vouloir : je détournais mon regard de côté pour observer mon professeur, plongeant mes prunelles dans les siennes avec un léger dédain. Enfin, j'imagine que c'est ce qu'on peut suposer à mon égard quand je dévisage ainsi quelqu'un avec ma maudite tronche. Je n'ai en aucun cas envie de le menacer, j'attends simplement ses remarques. Je ne souris pas. C'est peut-être ça qui a tendance à faire peur. Enfin, je me suis longtemps exercé dans ce domaine : essayer de paraître gentil. Mais malgré tous mes efforts, ça ne fonctionnait jamais. Et même si j'avais l'air de le défier, je cachais simplement la peur de recevoir des remontrances que je méritais.
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: □ Maladresse, quand tu nous tiens □ pv Altaïr   08.07.14 17:28

Le bruit des pas dans le couloir se font plus fort. Des chuchotements et murmures commencent à raisonner alors que les premiers grincements des chaises au fond de la salle s’entrechoquent contre les murs. Ils s’assoient et attendent les derniers arrivés, s’il y en a bien-sûr, avant de commencer ce tout premier cours remplit de jeunes novices. Il y a là quelqu’un qui regarde une dernière fois sa montre, il va sûrement bientôt débuter les démonstrations. C’est bien le professeur qui se tient droit, après avoir fermé la porte, devant ses nouveaux élèves. S’il les salue, ce n’est pas quelque chose qui leur marque l’esprit. En effet, sa présence ne donne pas l’envie de batifoler à tout bout de champ. Peut-être que certains ne l’auront pas encore compris. Disons que c’est une expérience qu’ils aimeraient plutôt éviter, mais c’est à leurs risques et périls. Le professeur parle, bref et précis, explique pourquoi ils sont ici et remet les points sur les « i » en quelques sortes. Entendons-nous là-dessus : jamais il ne parlera de sa façon d’enseigner, mais il ne supporte pas qu’on le critique sur ce point, car il déteste que les élèves préfèrent les professeurs mous et sans le moindre caractère que doit avoir un enseignant, surtout dans ce domaine, si vaste soit –il. Il annonce avec parcimonie le thème bien précis de cette séance et se tient prêt à montrer avec exactitude le premier entrainement qui durera sur plusieurs semaines, pour avoir une chance d’être normalement accomplit. Le soleil perce quelque peu par les fenêtres, la lumière éclairant et faisant briller les magnifiques couverts posés sur des plateaux d’argent. La salle de travaux pratiques, remplie de vieux meubles faits de bois, sent quelque peu l’ancienneté, mais dégage une odeur apaisante et agréable, qu’Altaïr connait depuis longtemps maintenant. Travailler dans un lieu comme celui-ci est inhabituel, mais pas forcément anodin, et pourtant, la joie est toujours là, grandissante. C’est ce qu’il veut faire partager au gens qui l’entourent.

Il avance un pied. En fait, il marche. Que tient-il ? Il se pourrait que cela soit bien le nécessaire de table pour deux personnes. A-t-il des gants ? Cela doit être glissant et gênant d’en porter pour servir. Sans les gants, les doigts accrochent mieux et il est plus facile d’avoir une prise stable. Pourtant, il semble en avoir, mais il ne les retire pas. Il doit sûrement être très alaise et habile pour les garder. Les élèves commencent à essayer de l’imiter, et il continue ses explications agrémentées de démonstrations. Il retire ses mains blanches afin de pouvoir bien visualiser la position de ses doigts. Il ne réagit pas beaucoup face à la faiblesse de leurs compétences et il leur donne les bases. On ne peut pas dire qu’il n’est pas content en ce début de séance, mais il pensait trouver quelques habiles. Sur cette quinzaine, très peu se débrouillent. Altaïr ne s’énerve pas, non loin de là, sauf si cela persiste dans les mois suivant, ce qu’il qualifiera de mauvaise foi et de fainéantise.

De grandes mains. Cela est bien pratique pour apprendre plus vite. Lui qui n’a pas cette chance c’est exercé pus que n’importe lequel de ses camarades de Londres. De grandes mains ne servent pas qu’à servir, mais elles sont toujours utiles pour quelqu’un travaillant dans l’hôtellerie et les alentours. C’est pratique. Et il faut savoir utiliser ses atouts à leurs avantages car l’aboutissement de ce travail n’est autre que la maîtrise de soi. Ne sommes-nous pas déjà le maître de notre corps ? Certains disent que oui, d’autres affirment que cela s’acquiert et que le mental doit être plus fort que les mouvements habituels et parasites, qu’il doit donner les ordres exactes à exécuter. Cependant, dans ce métier, l’équilibre, la prise en mains, le talent oratoire et d’autres choses ne se font qu’avec des entraînements rigoureux. Et pour cela, il faut traverser des hauts et des bas, et bien entendu, il faut venir écouter les cours, être ouvert d’esprit et accepter les critiques.

Ses yeux se tournent vers un élève que semble bien avoir quelques années d’avance sur son propre âge. Grand, stature imposante et sévère. Il a, pourrait-on dire, des prédispositions pour ce domaine. Il est maladroit. Il hésite. Il est la preuve même qu’il faut passer par beaucoup de chose avant de maîtriser son corps, d’être libre de ses mouvements. Il finit l’observation de cet étrange élève et file tel un serpent vers lui. Il est fort probable que leur regard se croise, mais en rien ses yeux ne changent leur façade froide.  Il l’observe de haut en bas, avant de dire ce qu’il n’a pas encore dit aux autres, qui ne sont pas encore assez familiarisés avec le port du plateau. « Lorsque vous mangez une pomme en marchant, vous ne pensez pas à vous mettez les pieds. N’est-ce pas instinctif, M. Becker ? » Très philosophique non ? L’air pensif, le jeune professeur s’adosse contre une table et fronce légèrement les sourcils. « Hormis le changement de prise, est-ce que vous ne marchez plus de la même façon, au point de ne regarder que vos pieds, perdant ainsi tout équilibre ? » Il se relève et retire tout ce qu’il y a sur le plateau d’argent de l’élève, lui faisant signe de réessayer. « Pourquoi croire que cela est différent de revenir du verger, une pomme à la main ? »

Le peur de perdre quelqu’un ne se contrôle pas. La peur de rater quelque chose, est loin d’être indomptable. 

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MessageSujet: Re: □ Maladresse, quand tu nous tiens □ pv Altaïr   09.07.14 13:38


Il ne me quitte plus des yeux, m'observe de hauts en bas de ses yeux froids. C'est assez … déroutant. Je n'avais jamais croisé un tel regard, impassible, même devant mon physique hors norme qui met bien souvent mal à l'aise. Son habilité et son assurance m'effrayait. Un être aussi parfait pouvait donc exister ? Ou bien n'est-ce là que le doux jeu des apparences qu'il semblait maîtriser à la perfection ? Ce professeur-maître m'intriguait au plus haut point et le mystère s'épaissit un peu plus lorsqu'il ouvrit la bouche. « Lorsque vous mangez une pomme en marchant, vous ne pensez pas à où vous mettez les pieds. N’est-ce pas instinctif, M. Becker ? » Je crois bien avoir été trop surpris pour répondre quoi que ce soit. Il se souvenait déjà de mon nom ? Pour un premier cours c'était remarquable voir un peu flatteur. Mais il ne fallait pas que je m'emballe. C'est vrai que c'est un très beau professeur, seulement je ne dois pas me laisser déstabiliser pour si peu. « Hormis le changement de prise, est-ce que vous ne marchez plus de la même façon, au point de ne regarder que vos pieds, perdant ainsi tout équilibre ? » Il s'est appuyé à une table, d'une manière toujours aussi élégante pour ce qui aurait pu paraître un geste décontracté. Sa voix neutre collait parfaitement à son aspect glaciale qui ne voulait laisser paraître aucune émotion. C'était une drôle de façon d'être. Mais je dois m'y accoutumer et vite. Il faut que je réponde avant d'encore une fois passer pour un véritable idiot qui ne comprend rien. Je me raclais alors la gorge avant de répondre maladroitement. « Non, monsieur. »

Il se redresse alors pour retirer tout ce que j'avais pu mettre sur mon plateau, dans un ordre précis et avec une vitesse tout à fait déconcertante. En un clin d'œil, je n'avais plus aucun poids à transporter, juste un plateau vide en équilibre sur ma grande main tendue. Mon regard se porta sur le plateau vide puis sur mon professeur-maître impassible, puis encore sur le plateau avant de froncer légèrement les sourcils d'incompréhension. « Pourquoi croire que cela est différent de revenir du verger, une pomme à la main ? » Un verger... une pomme... Je me noyais littéralement dans sa métaphore, très mal à l'aise. Aillant toujours vécu dans des villes polluées et/ou poussiéreuses, je n'ai jamais vu un seul verger de ma vie et cette drôle de comparaison n'arrive pas à trouver écho dans mon simple esprit. P*tain Jo' t'es vraiment trop c*n ! Je te permets pas Bro' ! Je ne suis pas … encore habitué à l'anglais britannique voilà, je comprends pas forcément aussi vite que les autres. Puis je suis plus vieux aussi, mon cerveau ralentit. Raah ! Je le sais parfaitement que je suis un imbécile Bro', tu n'es pas obligé de me le balancer dans la figure dans un moment pareil ! En pleine réflexion intérieure, mon visage exprimant certainement dur comme fer que je n'avais rien compris à l'allusion subtile, j'essayais de retrouver une certaine contenance en cherchant comment expliquer que je ne comprenais pas sans pour autant paraître pour le dernier des abrutis. Hum. Exercice compliqué en somme. « A vrai dire, je me rends rarement dans les vergers... » Je détournais le regard et sursautais aussitôt en entendant de la vaisselle se fracasser sur le sol.

Une jeune femme au fond de la salle venait de déraper et de tomber avec son plateau. Elle en avait rattrapé une majeur partie, mais les deux verres ont préféré terminer leur chute et finir par se briser lamentablement sur le sol. Je me tournais instinctivement vers elle, voyant tout de suite la détresse qui brillait dans ses yeux. « Je … Je suis profondément désolée ! » Sa petite voix aiguë et nouée faisait mal au cœur tellement sa sincérité semblait transparaître au travers. Je ne savais pas si je devais aller l'aider tout de suite, la rassurer ou bien si le professeur-maître allait le faire. Après tout, c'était lui notre guide dans cette salle. Avec son autorité et son charme froid, il obtenait facilement l'attention et c'est pour ça que tous les regard étaient tournés vers lui, tandis que la jeune femme maladroite restait à même le sol, totalement dépitée parce qu'elle venait de faire. Ce … ce n'était pourtant pas si grave non ? Avait-elle déjà eu cours par le passé avec monsieur Mary ? Elle n'osait pas bouger parce qu'elle savait ce qui l'attendait ou bien parce qu'elle était déçue d'elle-même et s'en voulait d'avoir été ainsi remarquée par tout le monde ? Tu te poses trop de question Jo'. En entendant la voix de mon Bro' j'eus un faible sourire. Oui, j'ai cette faiblesse-là : de m'inquiéter tout le temps pour les autres. Et de prendre, au cas échéant, leur défense aussi lorsqu'ils se sentent en danger. Mes employeurs par le passé avaient beaucoup de mal à le comprendre, mais ils n'ont jamais réussi à changer ce trait de caractère, et c'est tant mieux. Que serait un homme sans sa part d'humanité, de tolérance et de chaleur ?
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Admine et jeweler

MessageSujet: Re: □ Maladresse, quand tu nous tiens □ pv Altaïr   11.07.14 18:11


Léger et scintillant, le plat d’argent forme un cercle aux bordures fleuries. Ces motifs décorent avec subtilité son pourtour. Gravées comme dans de la roche, des lettres y figurent également, arborant fièrement les initiales de l’école.  Sans le moindre objet pour venir l’alourdir, il est simplement retenu pour une main. Elle est instable. Si l’on remonte un peu au-dessus de cette main étrangement grande, on peut entrevoir le visage de l’interloqué. Il fait pâle figure face à ces répliques peu communes. La question est : comment interpréter et comprendre cela ? Le professeur n’attend que très peu et enchaine ces phrase sûrement bien difficile pour M.Backer. Oui, il avait retenu son nom, car il retient les identités de ceux qui sortent du lot. Les profils sont épluchés et étudiés, tous sans exception, et pour la plupart, retenus dans un coin de sa petite tête. La réponse ne vient pas immédiatement. Il enchaîne. L’explication rationnelle à cela serait probablement plus facile à déchiffrée, mais il laisse là le temps à son élève de réfléchir et de penser par lui-même. Quel bon début d’apprentissage de réflexion. Il faut analyser la situation pour que le cerveau, lui qui donne les ordres, envoie les informations exactes. C’est un travail de nerfs et d’acier. Tout cela s’acquiert au fil du temps. Le regard brun d’Altaïr s’illumine à l’écoute de son élève. Il a promis de ne pas foutre en l’air son premier cours en s’énervant, mais il ne peut réprimer ce hoquet de mécontentement. « A vrai dire, je me rends rarement dans les vergers...» .  Il faut dire que cette image de verger est vraiment vague. Mais il est satisfait, car puisse-t-il être un peu bête, son élève est honnête. Il n’émet aucune parole et pose ses doigts contre son menton, faisant signe qu’il cherche une manière plus simple pour le faire avancer efficacement. En effet, voir les choses sous un autre angle peut marcher pour certains, mais pas forcément pour d’autres. Le travail d’un professeur dans ce cas-là, est de trouver la bonne manière, le bon feeling pour chaque élève. Cela n’est pas vraiment mince à faire.

Une idée germe soudain dans sa tête et il s’apprête alors à la lui divulguer. A la vue du sursaut de M. Becker, et à l’ouïe de la casse, Altaïr détourne la tête vers le lieu en question. C’est au fond de la salle, qu’une jeune femme, qui a probablement à peine la vingtaine, est assise dans une sale posture, avec deux verres brisés à ses côtés. « Je … Je suis profondément désolée ! ». Son regard inquiet, comme en attente d’une sanction ou d’un sermon sévère, affole les autres, mais les font se taire. Ce silence de mort, qui fait cette réputation au professeur, s’installe pour la première fois depuis le début du cours. Bien qu’il n’ait encore rien dit, il n’en pense pas moins. C’est là que l’on peut dire que son regard doit faire vraiment froid dans le dos. Maîtrise de soi, maître de soi, maîtriiise de soi. Ce n’est pas bien facile de se contrôler lors de ces moments. Cette étiquette qui lui suit n’est autre que : évitez l’erreur, sinon il vous fera peur. Il se dirige vers le fond de la salle, on le suit du regard, on est effrayé. Calmement, il ouvre un placard et sort un balai. Il se retourne, et voit des visages incompréhensifs. Il souffle, car il sent qu’il va avoir beaucoup de travail cette année, mais de toute façon, il aime le travail. « Il faut réparer soi-même ses erreurs, c’est la base de tout apprentissage. Mais vous le savez déjà, j’attends de vous le meilleur chaque jour, car sans ça vous ne serez jamais les meilleurs. Je sais très bien lorsque que vous êtes à fond ou non ! » Altaïr hausse la voix en terminant sa phrase et son expression change pour la première fois devant ces élèves. Sa bouche s’ouvre plus qu’à son habitude, tirant sur sa peau, ses yeux s’animant. Il s’avance vers la jeune fille au sol et l’aide à se relever, lui tendant le balai précédemment récupéré. En se dirigeant vers M.Becker, le regardant dans les yeux comme pour s’adresser au monde entier, terminant avec un geste de bras fendant l’air à l’horizontal, il conclut.  « Tous les services de cette salle sont là pour être brisés. Cependant, si vous en venez à baisser les bras, c’est moi qui vous briserai. ».

Altaïr prend un plateau vide et s’approche en quelques secondes de son élève qui est encore assez loin de lui. Quelle question va-t-il lui poser ? A-t-il tétanisé tous les gens présent ? A quoi bon se poser la question. Il se pli et fait le salut que les valets et majordomes font à leur maître. Autant tout mélanger. Le jeune homme se redresse et pose à nouveau la même question. « Sur quoi était portée ma concentration, M.Backer ? Sur mon déplacement, ou sur le plateau ? » C’est bien le genre de QCM merdique que tous les élèves adorent. Cependant, la réponse, bien que donnée dans la question, n’est pas forcément évidente. Disons que c’est un piège. Altaïr sait qu’il en débouchera une nouvelle vision de l’esprit, et s’il trouve la réponse par lui-même, cela veut dire que c’est évident pour lui, que ce travail est fait pour lui. 

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