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Seriez-vous un Thûl ? | Joakim

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Merwyn Ril' Avalon
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MessageSujet: Seriez-vous un Thûl ? | Joakim   31.07.14 18:16



Seriez-vous un Thül ?

« Effrayée, elle posa sur lui un oeil d'un bleu intense, riche, profond. L'autre était dissimulé sous ses cheveux. Elle ne souhaitait pas qu'il soit vu. »

Feat Eien & Joakim


Je déambulais dans les couloirs. J'avais un peu froid... Mais j'étais pieds nus. Je n'avais pas trouvé mes chaussons. Je les avais sans doute rangés dans un de ces moments où mon cerveau passait en pilote automatique. Cela m'arrivait assez souvent, ces derniers temps. Je ne savais pas pourquoi... Sur une semaine, j'avais eu presque quatre absence. Heureusement, ça n'avait pas été pendant les cours... Ils étaient faciles et passionnants à la fois - étrange paradoxe ! - mais je ne doutais pas d'un professeur aurait remarqué si j'étais restée droite et froide, les yeux perdus dans le vide, le crayon quelques centimètres au-dessus de mon cahier... Ce n'était pas le genre de choses qu'on pouvait dissimuler. De toute façon, je n'étais pas une bonne menteuse. Du tout, même.

J'adorais les cours. C'était bien plus vivant qu'avec mes professeurs particuliers ! Et puis, je n'avais que les matières qui m'intéressaient. Dans mon cas, littérature et ateliers d'écriture. Même si je n'étais pas très douée pour manier la plume, à mon sens, je m'amusais beaucoup ! Et puis, le professeur de littérature moderne nous avait demandé de prendre un auteur, de préférence un que nous connaissions bien, et de proposer à la classe une courte biographie de sa vie, puis de présenter ses oeuvres, avec un résumé apéritif, puis une présentation rapide des personnages, et enfin, un avis argumenté, tout cela pour chaque roman. Un solide défi, d'autant que j'avais choisi bien sûr Pierre Bottero, mais je m'y étais attelée et, en deux jours à peine, j'avais déjà fini de traiter les oeuvres qu'il avait écrites avant celles liées, de près ou de loin, à Gwendalavir.

Je m'égarais... En réalité, je ne savais déjà plus où j'étais. Dans l'académie, bien sûr, et toujours pieds nus, évidemment. Je n'étais pas Dessinatrice, je ne pouvais pas invoquer mes jolis chaussons et les faire sagement apparaître devant moi. Dommage... Je soupirai et posai mes mains sur mes tempes. Comment étais-je arrivée là ? Il faisait froid. Froid comme ces nuits d'hiver, passées sur le toit de la villa de mes parents, à pratiquer la gestuelle marchombre, sous le regard secret de la Lune. Parce que ç'avait été, et était encore, le seul moyen que je connaissais de retrouver mon calme. J'inspirai profondément. Y avait-il un accès au toit, ici ? J'expirai. J'étais certaine que oui. Ne me restait qu'à le trouver, et avec quelque astuce, c'était tout à fait possible. D'autant qu'aucun surveillant, si ronde il y avait la nuit dans les couloirs, ne me verrait jamais passer. J'étais silencieuse et j'avais l'oreille bien assez fine pour entendre arriver qui n'était pas marchombre.

Encore un égarement. Mes pensées allaient trop vite. Bien trop vite. Elles passaient et repartaient, vives volutes de fumée, me riant au nez quand je tentais de les attraper. Je me sentais impuissante. Et je luttais, je luttais pourtant, parce que la Voie ne tolérait pas que j'abandonne, que je me laisse là sur le seuil de mon esprit, faible et brisée créature. Je n'étais pas brisée. Enfin, si, je l'étais... Mais je me reconstruisais. En quatre ans, je n'avais fait que dessiner les plans à suivre pour ressouder mon âme. Cela me prendrait du temps. Je vacillerais sans doute. Beaucoup. Cependant, cela ne suffisait pas à me voir abandonner. Je n'abandonnais jamais.

Pourquoi n'étais-je pas capable, ce soir, de constance ? Je me mordillai la lèvre un instant. Sans doute parce que j'avais l'impression de me disperser. De ne pas réussir à m'apaiser. J'avais sans doute trop d'adrénaline dans le sang, besoin de bouger, encore et encore, jusqu'à m'oublier. Oui, j'étais passionnée par les cours, mais au final, je restais physiquement oisive... Cela me rappelait désagréablement ces trois ans passés enfermée dans ma chambre. Trop désagréablement.

Je frémis. Je n'avais pas conscience de l'image que je renvoyais en cet instant. Je marchais si souplement qu'un être groggy penserait que je flottais au-dessus du sol, alors qu'il n'en était rien. Mes longs cheveux noirs suivaient le moindre de mes mouvements, semblables à un pan d'obscurité, et renvoyaient pourtant la lumière de la Lune, qui rentrait à flot par les larges fenêtres de l'endroit. Même ma peau, renforcée dans sa pâleur par les éclats de l'astre, paraissait luire silencieusement. Je me déplaçais dans un silence parfait ou presque. Même ma tenue amplifiait l'impression que j'étais un fantôme. C'était un kimono d'un bleu presque blanc, de la plus fine des soies. Je le portais de façon à ce qu'on puisse voir mes épaules, et presque la naissance de ma poitrine. J'étais trop innocente pour penser que cela pouvait donner des envies perverses à certaines personnes. Le vêtement était coupé à mi-cuisse, laissant voir mes jambes fines et claires. Et mes yeux brillaient intensément, l'un d'un azur sombre et vif, l'autre d'un bleu de glace. Je ne le savais pas, mais j'étais belle en cet instant. Vraiment belle...

Enfin, je pus voir une silhouette devant moi. Je le distinguais très mal, puisque ma vue était floue. J'étais toujours fatiguée par le décalage horaire, et la lumière, malgré sa douceur et sa tendresse, m'empêchait de regarder les choses clairement. Même s'il n'y avait pas de menace, je ne pus m'empêcher de m'arrêter.

- Hum... E... Excusez-moi, mais... Seriez-vous un Thül ?

Je me mordis instantanément et violemment la lèvre. Il était tellement grand... Je devais presque me dévisser le cou pour voir son visage, et pourtant, je n'étais encore qu'à un bon mètre de lui. Je n'osais pas m'approcher. Je ramenai bien vite quelques mèches de cheveux devant mon oeil clair. Je n'aimais pas qu'on le voie. Pas du tout, même. Le mouvement de recul auquel j'avais toujours droit me labourait les entrailles à chaque fois et me donnait envie de pleurer. Je n'avais pas choisi de naître avec cet oeil. J'aurais voulu que mes parents ne me le donnent pas, mais c'était ainsi, et je faisais avec.

L'observant plus avant, je me repris. Non, ce n'était pas un Thül. La chance de croiser un admirateur de Bottero ici étaient minimes, voire inexistantes. Je soupirai tristement. Souvent, je me trouvais à l'écart. Parce que je l'étais, à n'en pas douter. Je n'avais jamais baigné dans un univers sociabilisant. Et j'étais perdue, maintenant, perdue, effrayée, et seule. Cela me faisait mal.

- Veuillez me pardonner, Monsieur... Je n'aurais pas dû poser cette question.

Je m'inclinai profondément, comme on me l'avait appris, pour bien lui montrer que j'admettais et respectais sa supériorité. Je ne voulais pas qu'on me fasse du mal... Je n'avais même pas encore eu le droit d'avoir un ami. Mes camarades ne s'intéressaient pas à moi, et moi-même, j'étais trop timide pour tenter de m'intégrer. Alors...

J'étais seule. Plus que jamais.
Par Eien, pour Eien.

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